Oublis: mécanismes psychologiques
Vous voulez en savoir plus sur les oublis? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires sur l’oublis.
Rédacteur « oublis »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod;
Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Les troubles anxieux et la dépression peuvent être associés à des troubles de la mémoire, dont les oublis.
Comprendre les oublis : une réalité quotidienne et parfois inquiétante
Les oublis font partie intégrante de notre vie quotidienne. Qui n’a jamais oublié où il avait posé ses clés, le nom d’une personne rencontrée la veille, ou encore un rendez-vous important ? Ces petits trous de mémoire, bien que souvent bénins, peuvent parfois devenir une source d’angoisse, surtout lorsqu’ils se multiplient ou qu’ils semblent touchés d’une manière plus profonde notre capacité à retenir l’information. Pourtant, il est essentiel de comprendre que l’oubli n’est pas toujours synonyme de pathologie. Il peut être le reflet d’un cerveau sursollicité, d’un manque de sommeil, ou simplement d’un mécanisme naturel de tri des informations. Dans un monde où l’information est omniprésente, notre cerveau est constamment submergé par des données de toutes sortes. Les oublis peuvent ainsi être perçus comme une forme de protection : notre esprit, incapable de tout retenir, sélectionne ce qui lui semble essentiel. Par exemple, un étudiant en période d’examens peut oublier le détail d’une conversation anodine tenues quelques jours plus tôt, car son cerveau priorise la mémorisation des cours. Ce phénomène, bien que frustrant, est tout à fait normal. Cependant, il arrive que les oublis dépassent le cadre de la simple étourderie. Lorsqu’ils deviennent fréquents, qu’ils perturbent la vie professionnelle, sociale ou personnelle, ou qu’ils s’accompagnent d’autres symptômes (comme une désorientation, des difficultés à reconnaître des visages familiers ou à suivre une conversation), il est important de s’interroger sur leur origine. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, les troubles de la mémoire peuvent être le symptôme de divers troubles psychiques, dont les troubles anxieux ou la dépression.
Les différents types d’oublis : du bénin au pathologique
Les oublis bénins : quand la mémoire nous joue des tours
Les oublis bénins sont les plus courants et touchent tout le monde, à tout âge. Ils se manifestent généralement par des trous de mémoire ponctuels et sans gravité. Par exemple, oublier le nom d’un acteur dans un film, ne pas se souvenir où l’on a garé sa voiture dans un parking bondé, ou encore ne pas retenir une information entendue en passant. Ces oublis sont souvent liés à un manque d’attention au moment de l’encodage de l’information. Notre cerveau, en effet, ne mémorise pas automatiquement tout ce qu’il perçoit : il faut une forme de concentration ou d’émotion pour que l’information soit stockée durablement. Un autre exemple fréquent est l’oubli des tâches quotidiennes, comme acheter un ingrédient manquant pour une recette ou envoyer un email important. Ces oublis sont souvent le résultat d’une surcharge mentale ou d’un stress passager. Dans ce cas, des stratégies simples, comme l’utilisation de listes ou de rappels sur son téléphone, peuvent s’avérer très efficaces pour compenser ces petits trous de mémoire.
Les oublis liés au stress et à l’anxiété
Le stress et l’anxiété sont des facteurs majeurs d’oublis. Lorsqu’une personne est sous tension, son cerveau libère des hormones, comme le cortisol, qui peuvent perturber les mécanismes de la mémoire. Par exemple, un employé stressé par une échéance professionnelle peut avoir du mal à se souvenir des détails d’un projet sur lequel il travaille, alors même qu’il connaît parfaitement son dossier. De même, une personne souffrant de troubles anxieux peut oublier des informations basiques, comme le code de sa carte bancaire ou le chemin pour rentrer chez elle, simplement parce que son esprit est accaparé par des pensées intrusives. Ces oublis liés au stress sont souvent temporaires et disparaissent une fois la source de tension éliminée. Cependant, lorsqu’ils deviennent récurrents, ils peuvent aggraver l’anxiété, créant un cercle vicieux : plus la personne oublie, plus elle stresse, et plus elle a de difficultés à retenir les informations. Dans ces cas, une prise en charge psychologique, comme la thérapie cognitive et comportementale (TCC), peut être utile pour briser ce cycle.
Les oublis associés à la dépression
La dépression est une autre cause fréquente d’oublis. Les personnes dépressives peuvent en effet souffrir de troubles de la concentration et de la mémoire, souvent appelés « pseudo-démence dépressive ». Par exemple, une personne en épisode dépressif majeur peut avoir du mal à se souvenir des événements récents, comme une conversation tenue la veille ou une tâche à accomplir dans la journée. Ces oublis sont généralement liés à un ralentissement global des fonctions cognitives, ainsi qu’à un désintérêt pour l’environnement extérieur. Contrairement aux oublis bénins, ceux liés à la dépression peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de vie. Ils peuvent entraîner des difficultés professionnelles, des tensions familiales, ou encore une perte d’autonomie. Heureusement, ces troubles de la mémoire sont souvent réversibles avec un traitement adapté de la dépression, qu’il soit médicamenteux (antidépresseurs) ou psychothérapeutique (comme la thérapie interpersonnelle).
Les oublis et les troubles neurocognitifs
Dans certains cas, les oublis peuvent être le signe avant-coureur de troubles neurocognitifs plus sérieux, comme la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence. Ces oublis se distinguent des précédents par leur caractère progressif et leur impact sur les activités quotidiennes. Par exemple, une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut oublier des événements récents de manière répétée, comme le fait d’avoir déjà mangé ou d’avoir reçu la visite d’un proche. Elle peut également avoir des difficultés à reconnaître des objets ou des personnes familières, ou à suivre une recette de cuisine qu’elle connaît pourtant par cœur. Ces oublis sont souvent accompagnés d’autres symptômes, comme des troubles du langage, une désorientation dans le temps et l’espace, ou des changements de personnalité. Il est crucial de consulter un professionnel de santé dès l’apparition de ces signes, afin d’établir un diagnostic précis et de mettre en place une prise en charge adaptée. Les psychiatres et les neurologues jouent un rôle clé dans l’évaluation et le suivi de ces troubles.
Les mécanismes cérébraux des oublis : comment et pourquoi oublie-t-on ?
La mémoire : un processus complexe et fragile
Pour comprendre les oublis, il est essentiel de saisir les mécanismes de la mémoire. Celle-ci n’est pas un simple stockage d’informations, mais un processus dynamique qui implique plusieurs étapes : l’encodage (l’acquisition de l’information), la consolidation (le stockage de l’information) et la récupération (l’accès à l’information stockée). Chaque étape peut être perturbée, entraînant des oublis. Par exemple, si une personne est distraite au moment où elle rencontre quelqu’un, elle peut ne pas encoder correctement le nom de cette personne, ce qui rendra impossible son rappel ultérieur. De même, un manque de sommeil peut perturber la consolidation des souvenirs, rendant plus difficile leur récupération le lendemain. Enfin, le stress ou l’anxiété peuvent bloquer l’accès à des informations pourtant bien stockées, comme un acteur qui oublie son texte sur scène malgré des répétitions intensives.
Le rôle du stress et des émotions
Les émotions jouent un rôle central dans la mémoire. Les événements chargés émotionnellement (positivement ou négativement) sont généralement mieux mémorisés que les événements neutres. À l’inverse, un stress chronique peut altérer la capacité du cerveau à encoder et à récupérer les informations. Par exemple, un étudiant qui stresse avant un examen peut avoir du mal à se souvenir des réponses qu’il a pourtant apprises, en raison de l’impact du stress sur son hippocampe, une région cérébrale clé pour la mémoire. De même, les personnes souffrant de troubles anxieux peuvent voir leur mémoire affectée par une hyperactivation de l’amygdale, une autre région cérébrale impliquée dans la gestion des émotions. Cette hyperactivation peut entraîner une surcharge cognitive, rendant plus difficile la concentration et la mémorisation.
L’impact du vieillissement sur la mémoire
Avec l’âge, il est normal de constater une certaine diminution des capacités mnésiques. Les oublis liés au vieillissement sont souvent liés à une ralentissement des processus d’encodage et de récupération des informations. Par exemple, une personne âgée peut mettre plus de temps à se souvenir du nom d’un objet ou d’une personne, mais finit généralement par y parvenir. Ces oublis sont généralement bénins et ne doivent pas être confondus avec les signes de démence. Cependant, il est important de rester vigilant. Si les oublis deviennent fréquents et perturbent la vie quotidienne, il est conseillé de consulter un professionnel de santé pour écarter toute pathologie sous-jacente, comme la maladie d’Alzheimer.
Comment réagir face aux oublis ? Stratégies et solutions
Adopter de bonnes habitudes au quotidien
Pour limiter les oublis bénins, il existe des stratégies simples et efficaces. Tout d’abord, il est essentiel de prendre soin de son cerveau en adoptant un mode de vie sain : dormir suffisamment, manger équilibré, et pratiquer une activité physique régulière. Le sommeil, en particulier, joue un rôle crucial dans la consolidation de la mémoire. Une nuit de sommeil de qualité permet au cerveau de trier et de stocker les informations acquises pendant la journée. Il est également utile d’organiser son environnement pour réduire les sources de distraction. Par exemple, toujours poser ses clés au même endroit, utiliser des agendas ou des applications de rappel, ou encore noter les informations importantes sur un carnet. Ces petites astuces peuvent grandement faciliter la vie quotidienne et limiter les oublis liés à l’étourderie.
Gérer le stress et l’anxiété
Pour les oublis liés au stress ou à l’anxiété, il est important d’apprendre à gérer ces émotions. Des techniques de relaxation, comme la méditation, la respiration profonde ou le yoga, peuvent aider à réduire le niveau de stress et à améliorer la concentration. La thérapie cognitive et comportementale (TCC) est également une approche efficace pour apprendre à identifier et à modifier les pensées négatives qui alimentent l’anxiété. Dans certains cas, un accompagnement psychologique ou médical peut être nécessaire. Les psychiatres et les psychologues peuvent proposer des outils adaptés pour aider les patients à mieux gérer leur stress et à retrouver une mémoire plus fiable.
Quand consulter un professionnel ?
Il est recommandé de consulter un professionnel de santé lorsque les oublis deviennent fréquents, qu’ils perturbent la vie quotidienne, ou qu’ils s’accompagnent d’autres symptômes inquiétants. Par exemple, si une personne oublie régulièrement des rendez-vous importants, a du mal à suivre une conversation, ou se perd dans des endroits familiers, il est important de faire un bilan médical. Un psychiatre ou un neurologue pourra évaluer la situation, identifier d’éventuelles causes sous-jacentes (comme une dépression, un trouble anxieux ou un trouble neurocognitif), et proposer un traitement adapté. Plus la prise en charge est précoce, plus les chances de stabiliser ou d’améliorer la situation sont grandes.
Les oublis chez l’enfant et l’adolescent : un enjeu particulier
Les oublis dans le développement normal
Chez l’enfant et l’adolescent, les oublis font souvent partie du développement normal. Les jeunes enfants, par exemple, peuvent oublier des consignes simples ou des événements récents, simplement parce que leur cerveau est encore en maturation. De même, les adolescents, souvent distraits par leur environnement social et scolaire, peuvent avoir des trous de mémoire ponctuels. Ces oublis sont généralement sans gravité et disparaissent avec l’âge. Cependant, il est important de rester attentif à leur fréquence et à leur impact. Si un enfant oublie régulièrement ses affaires à l’école, a du mal à suivre les consignes en classe, ou semble perdu dans des situations familières, il peut être utile d’en parler à un professionnel de santé, comme un pédopsychiatre.
Les oublis et les troubles de l’apprentissage
Dans certains cas, les oublis chez l’enfant ou l’adolescent peuvent être liés à des troubles de l’apprentissage, comme le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Les enfants atteints de TDAH peuvent en effet avoir des difficultés à se concentrer, à organiser leurs pensées et à retenir les informations, ce qui peut entraîner des oublis fréquents. Par exemple, un enfant avec un TDAH peut oublier de rendre ses devoirs, perdre ses affaires, ou avoir du mal à suivre les instructions données par son enseignant. Ces oublis peuvent avoir un impact significatif sur sa scolarité et son estime de soi. Une prise en charge adaptée, incluant des stratégies éducatives spécifiques et, si nécessaire, un traitement médicamenteux, peut aider l’enfant à mieux gérer ces difficultés.
Les oublis et les troubles émotionnels
Les enfants et les adolescents peuvent également souffrir d’oublis liés à des troubles émotionnels, comme l’anxiété ou la dépression. Par exemple, un adolescent souffrant de troubles anxieux peut avoir du mal à se concentrer en classe, ce qui peut entraîner des difficultés à retenir les leçons. De même, un enfant déprimé peut sembler apathique et oublier des activités qu’il aimait auparavant. Dans ces cas, une évaluation par un professionnel de santé mentale est essentielle pour identifier la cause des oublis et proposer une prise en charge adaptée. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et les thérapies interpersonnelles (TIP) peuvent être particulièrement utiles pour aider les jeunes à surmonter leurs difficultés émotionnelles et à améliorer leur mémoire.
Épidémiologie chez l’enfant et l’adolescent
Les oublis chez l’enfant et l’adolescent sont un phénomène courant, mais leur prévalence exacte est difficile à établir en raison de leur caractère souvent bénin et passager. Cependant, certaines études suggèrent que les troubles de la mémoire peuvent toucher jusqu’à 10 % des enfants d’âge scolaire, avec une prévalence plus élevée chez ceux souffrant de troubles de l’attention ou de troubles émotionnels. Chez les adolescents, les oublis peuvent être plus fréquents en raison des changements hormonaux et des défis sociaux et scolaires accrus. Les troubles anxieux et dépressifs, qui deviennent plus prévalents à l’adolescence, peuvent également contribuer à une augmentation des oublis. Par exemple, un adolescent souffrant de dépression peut avoir des difficultés à se souvenir des événements récents ou à se concentrer sur ses tâches scolaires. Il est important de noter que les oublis chez l’enfant et l’adolescent ne doivent pas être minimisés. Même s’ils sont souvent bénins, ils peuvent parfois cacher des troubles sous-jacents qui nécessitent une attention particulière. Une évaluation par un professionnel de santé mentale, comme un psychiatre, peut aider à distinguer les oublis normaux de ceux qui nécessitent une intervention.
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
- RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
- Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).
Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.
Auteur
Mail: dr.neveux@gmail.com (à privilégier+++)
Tél: 0609727094 (laisser un message)
Au cabinet: 9 rue Troyon 75017 Paris
NB: Pas de consultation par mail ou téléphone. Les messages ne sont pas consultés hors jours et heures ouvrables. En cas d’urgence, contacter le SAMU (15)




