Pourquoi certaines personnes ne nous contactent que quand elles vont mal?
Vous avez dû remarquer: certaines personnes ne nous contactent que quand elles vont mal. Mais pourquoi? Si vous voulez en savoir plus, vous êtes sur la bonne page!
Rédacteur « pourquoi certaines personnes ne nous contactent que quand elles vont mal? »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- C’est fréquent et ce n’est pas forcément de la mauvaise volonté, ni de l’égoïsme.
Pourquoi certaines personnes ne nous contactent que quand elles vont mal ?
Il est fréquent d’observer, dans notre entourage, des personnes qui ne prennent contact qu’en période de crise, de détresse ou de mal-être intense. Ce phénomène, à la fois déroutant et douloureux pour ceux qui le subissent, s’explique par des mécanismes psychologiques profonds, souvent liés à l’histoire personnelle, aux styles d’attachement, et à la gestion des émotions. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « ce comportement reflète souvent une difficulté à gérer la vulnérabilité et à maintenir des liens stables en dehors des moments de besoin ».
1. La théorie de l’attachement : un éclairage scientifique
La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby et Mary Ainsworth, offre un cadre essentiel pour comprendre pourquoi certaines personnes ne sollicitent leur entourage que lors de périodes de détresse. Selon cette théorie, le style d’attachement formé dans l’enfance influence profondément les comportements relationnels à l’âge adulte. On distingue principalement trois styles d’attachement : sécure, anxieux et évitant [1].
Les personnes ayant un attachement anxieux (ou préoccupé) ont tendance à craindre l’abandon et à rechercher constamment la réassurance de leurs proches. Elles peuvent ne contacter leurs amis ou leur famille que lorsqu’elles se sentent en détresse, car c’est à ce moment-là que leur besoin de sécurité est le plus intense. À l’inverse, les personnes avec un attachement évitant (ou distant) minimisent leurs besoins affectifs et évitent les contacts, sauf en cas de crise majeure où leur capacité à gérer seuls leurs émotions est dépassée [2].
Exemple clinique : Sophie, 32 ans, ne contacte sa sœur que lorsqu’elle traverse une rupture amoureuse ou une période de stress intense au travail. Le reste du temps, elle maintient une distance émotionnelle, expliquant qu’elle « ne veut pas déranger ». Son histoire révèle un attachement anxieux, marqué par une enfance où ses besoins affectifs étaient rarement pris en compte.
2. La peur de la vulnérabilité et la honte de demander de l’aide
Un autre facteur clé est la peur de montrer sa vulnérabilité. Dans une société où l’autonomie et la réussite individuelle sont valorisées, avouer son mal-être peut être perçu comme un signe de faiblesse. Cette honte est particulièrement marquée chez les hommes, souvent socialisés pour minimiser leurs émotions et ne demander de l’aide que lorsque la situation devient critique [3].
De plus, certaines personnes craignent d’être jugées ou rejetées si elles expriment leurs difficultés. Elles préfèrent donc attendre d’être au bord de l’épuisement pour solliciter leur entourage, pensant que seul un état de crise justifie une demande d’aide.
Exemple clinique : Marc, 45 ans, cadre supérieur, n’a jamais parlé de ses épisodes dépressifs à ses amis. Il a consulté un psychiatre pour la première fois après une tentative de suicide. « Je ne voulais pas qu’on me voie comme un faible », confie-t-il.
3. L’hypersensibilité et la gestion des émotions
Les personnes hypersensibles, souvent submergées par leurs émotions, peuvent aussi adopter ce comportement. Leur sensibilité accrue les pousse à éviter les interactions sociales tant qu’elles se sentent stables, par crainte de se laisser déborder. Cependant, en période de crise, leur besoin de soutien devient impérieux, et elles se tournent alors vers leurs proches [4].
Exemple clinique : Léa, 28 ans, hypersensible, évite les appels téléphoniques et les rencontres tant qu’elle va bien. Mais dès qu’elle traverse une période d’angoisse, elle envoie des messages désespérés à ses amis, cherchant un réconfort immédiat.
4. La dépendance affective et le besoin de réassurance
La dépendance affective joue également un rôle majeur. Les personnes dépendantes affectivement ont souvent peur de l’abandon et cherchent à maintenir le lien à tout prix, même si cela signifie ne contacter l’autre que dans les moments de détresse. Elles peuvent sacrifier leurs besoins personnels pour obtenir une réassurance affective, créant un cercle vicieux où le contact n’a lieu que dans l’urgence [5].
Exemple clinique : Thomas, 35 ans, envoie des dizaines de messages à son ex-petite amie chaque fois qu’il se sent seul, mais disparaît dès qu’elle lui accorde de l’attention, par peur de s’engager.
5. L’isolement social et le manque de contact physique
L’isolement social, surtout dans les grandes villes, aggrave ce phénomène. Le manque de contact physique et émotionnel régulier peut rendre les interactions plus difficiles, et les personnes isolées ne sollicitent leur entourage que lorsqu’elles ne peuvent plus faire face seules. Des études montrent que le manque de contact physique augmente le risque de dépression et d’anxiété, ce qui peut expliquer pourquoi certaines personnes ne cherchent du soutien qu’en cas de crise [6].
Exemple clinique : Après un déménagement, Clara, 50 ans, a progressivement perdu contact avec ses amis. Elle ne les appelle que lorsqu’elle traverse une période de solitude intense, se sentant incapable de gérer seule son mal-être.
6. Les freins à la consultation et la minimisation des difficultés
Enfin, de nombreuses personnes minimisent leurs difficultés psychologiques, pensant qu’elles « n’ont pas le droit » de se plaindre. Elles attendent d’être au bord de l’épuisement pour consulter ou demander de l’aide, souvent sous la pression de leur entourage ou d’une crise majeure [7].
Exemple clinique : Jean, 60 ans, a toujours nié ses symptômes dépressifs, expliquant qu’il avait « connu pire ». Il a finalement consulté après un burn-out, sur l’insistance de sa femme.
Que faire face à ce comportement ?
Si vous êtes confronté à une personne qui ne vous contacte que lorsqu’elle va mal, voici quelques pistes pour agir :
- Rester disponible sans jugement : Montrez que vous êtes là, sans attendre qu’elle soit en crise pour lui manifester votre soutien.
- Encourager une communication régulière : Proposez des moments d’échange en dehors des périodes de détresse, pour normaliser le contact.
- Suggérer une aide professionnelle : Si la personne semble en souffrance chronique, orientez-la vers un psychiatre ou un psychologue, qui pourra l’aider à comprendre et modifier ces schémas relationnels.
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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