Refoulement
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Rédacteur « refoulement »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Mécanisme de défense central en psychanalyse, le refoulement permet de repousser dans l’inconscient des pensées, souvenirs ou émotions jugés inacceptables par le Moi.
- Dans la conceptualisation analytique, son échec peut entraîner des symptômes névrotiques, des troubles anxieux, des dépressions, ou des comportements addictifs.
- La levée du refoulement, par la psychothérapie ou la psychanalyse, permet de rendre conscient l’inconscient et de soulager la détresse psychique.
Qu’est-ce que le refoulement ? Définition et origine du concept
Le refoulement est un mécanisme de défense psychique inconscient, décrit pour la première fois par Sigmund Freud dès ses premières observations cliniques. Il consiste à maintenir ou à repousser dans l’inconscient des représentations (pensées, souvenirs, émotions, désirs) liées à des pulsions, jugées inacceptables ou incompatibles avec les valeurs du Moi ou de la société. Ce processus, constitutif de l’inconscient, permet à l’individu de se protéger contre la souffrance, la culpabilité ou l’angoisse que ces représentations pourraient provoquer si elles accédaient à la conscience. Freud distingue trois temps dans le refoulement :
– Le refoulement originaire (Urverdrängung), qui porte sur le représentant psychique de la pulsion et inaugure la formation de l’inconscient.
– Le refoulement secondaire (Nachdrängung), qui maintient à distance du conscient les représentations dérivées des pulsions refoulées.
– Le retour du refoulé, où le contenu refoulé resurgit sous forme déguisée (rêves, symptômes, actes manqués, lapsus). Exemple clinique :
Une patiente, victime d’un viol dans son enfance, ne garde aucun souvenir conscient de l’événement. Pourtant, elle présente des crises d’angoisse et des cauchemars récurrents où elle est poursuivie par une ombre menaçante. En psychanalyse, l’exploration de ces symptômes révèle progressivement le souvenir refoulé, permettant une prise de conscience et une diminution des symptômes.
Refoulement et symptômes psychiques : quand l’inconscient s’exprime
Le refoulement n’efface pas les pulsions ou les souvenirs : il les maintient actifs dans l’inconscient, où ils continuent d’influencer le comportement et l’état psychique. Lorsque le refoulement est trop rigide ou, à l’inverse, trop poreux, des symptômes peuvent apparaître. Ces symptômes sont des formations de compromis : ils expriment à la fois le désir refoulé et la défense contre ce désir.
Les manifestations du refoulement
– Symptômes névrotiques : phobies, obsessions, compulsions, angoisses diffuses.
– Symptômes somatiques : douleurs inexpliquées, troubles fonctionnels (ex. : paralysies hystériques).
– Actes manqués et lapsus : erreurs de parole ou d’action révélant un désir inconscient.
– Rêves : expression symbolique des désirs refoulés. Exemple clinique :
Un homme développe une phobie des chiens après avoir refoulé le souvenir d’une agression par un chien dans son enfance. Chaque fois qu’il croise un chien, il ressent une peur panique, sans comprendre l’origine de sa réaction. La psychothérapie révèle le lien entre sa phobie et le souvenir refoulé, permettant une désensibilisation progressive.
L’échec du refoulement : quand la défense devient pathologique
Lorsque le refoulement ne parvient plus à contenir les pulsions ou les souvenirs traumatisants, ceux-ci resurgissent sous forme de symptômes envahissants. On parle alors d’échec du refoulement, qui peut se manifester par :
– Des troubles anxieux (attaques de panique, angoisse généralisée).
– Des dépressions (sentiment de vide, perte de sens).
– Des comportements addictifs (alcool, drogues, jeux) comme tentative de soulagement. Exemple clinique :
Une femme, après un licenciement brutal, refoule sa colère et sa tristesse. Quelques mois plus tard, elle développe une dépression majeure avec perte d’appétit, insomnies et idées noires. La thérapie permet de faire émerger les émotions refoulées et de restaurer un équilibre psychique.
Refoulement et autres mécanismes de défense : quelles différences ?
Le refoulement est le mécanisme de défense fondateur en psychanalyse, mais il en existe d’autres, qui peuvent s’y associer ou le remplacer. Voici un tableau comparatif des principaux mécanismes de défense, avec leurs spécificités et exemples cliniques :
| Mécanisme de défense | Définition | Exemple clinique |
|---|---|---|
| Refoulement | Repousser dans l’inconscient des représentations inacceptables. | Un homme oublie le décès brutal de son père, mais développe une peur inexpliquée des cimetières. |
| Déni | Refuser de reconnaître une réalité douloureuse. | Un patient nie le diagnostic de cancer malgré les preuves médicales. |
| Formation réactionnelle | Transformer un désir inacceptable en son contraire. | Une personne avec des pulsions agressives devient excessivement gentille et soumise. |
| Sublimation | Détourner une pulsion vers un but socialement valorisé. | Un adolescent canalise son agressivité dans le sport de compétition. |
| Projection | Attribuer à autrui ses propres pensées ou sentiments inacceptables. | Un homme jaloux accuse sans cesse sa partenaire d’infidélité. |
Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, le refoulement est souvent à l’origine de symptômes qui poussent à consulter, tandis que d’autres mécanismes de défense peuvent aggraver ou masquer la souffrance psychique.
Refoulement et psychothérapie : comment lever les blocages ?
La levée du refoulement est un objectif central de la psychanalyse et de certaines psychothérapies. Elle consiste à rendre conscient ce qui a été refoulé, afin de réduire la souffrance et les symptômes. Plusieurs approches thérapeutiques permettent d’y parvenir :
Les thérapies brèves et cognitivo-comportementales (TCC)
Les TCC, bien que moins centrées sur l’inconscient, peuvent aussi aider à identifier et modifier les schémas de pensée liés à des refoulements. Par exemple :
– L’exposition progressive aux situations anxiogènes pour désensibiliser les peurs refoulées.
– La restructuration cognitive pour modifier les croyances négatives issues de souvenirs refoulés. Exemple clinique :
Un patient souffrant de trouble anxieux généralisé découvre, grâce à des exercices d’exposition, que son angoisse est liée à un accident de voiture refoulé survenu dans son enfance. La thérapie lui permet de réintégrer ce souvenir et de réduire son anxiété.
La thérapie interpersonnelle (TIP)
La TIP, centrée sur les relations et les émotions actuelles, peut aussi faciliter la levée de refoulements liés à des conflits relationnels non résolus. Elle aide le patient à exprimer et à élaborer des émotions refoulées dans un cadre sécurisant.
La psychanalyse
Rappelons tout d’abord que la psychanalyse n’est pas une thérapie ayant prouvé scientifiquement son efficacité.
En psychanalyse, la levée du refoulement passe par :
– L’association libre : le patient exprime sans filtre tout ce qui lui vient à l’esprit, permettant l’émergence de souvenirs ou d’émotions refoulés.
– L’interprétation des rêves : les rêves sont analysés comme des expressions symboliques des désirs inconscients.
– L’analyse des résistances : les blocages du patient pendant la séance révèlent les zones de refoulement. Exemple clinique :
Une patiente en psychanalyse parle longuement de ses difficultés professionnelles, mais évite systématiquement d’évoquer sa relation avec son père. L’analyste repère cette résistance et l’interprète comme un indice de refoulement. Progressivement, la patiente se souvient d’un conflit ancien avec son père, ce qui lui permet de comprendre l’origine de ses blocages au travail.
Refoulement et société : un mécanisme universel ?
Le refoulement ne se limite pas à l’individu : il peut aussi concerner des groupes ou des sociétés entières. Certains événements historiques traumatisants (guerres, génocides, catastrophes) sont collectivement refoulés, puis resurgissent sous forme de conflits, de commémorations ou de symptômes sociaux. Exemple historique :
Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays européens ont refoulé les souvenirs des collaborations et des exactions commises pendant l’Occupation. Ce refoulement collectif a pu favoriser la reconstruction, mais a aussi entraîné des tensions générations plus tard, lorsque ces souvenirs ont resurgi.
Comment reconnaître un refoulement chez soi ou chez un proche ?
Certains signes peuvent évoquer un refoulement :
– Troubles de la mémoire : oublis sélectifs, périodes de vie « effacées ».
– Symptômes inexpliqués : angoisses, phobies, douleurs sans cause organique.
– Comportements répétitifs : échecs, sabotages, addictions.
– Rêves récurrents ou cauchemars. Que faire ?
– Consulter un professionnel : un psychiatre, un psychologue ou un psychanalyste peut aider à identifier et lever les refoulements.
– Tenir un journal : noter ses rêves, ses émotions et ses souvenirs peut faciliter la prise de conscience.
– Parler à un proche de confiance : parfois, un regard extérieur permet de repérer des incohérences ou des évitements.
Refoulement : mythe ou réalité scientifique ?
Le concept de refoulement, central en psychanalyse, a aussi suscité des débats. Certains chercheurs en neurosciences ou en psychologie cognitive remettent en question son existence, arguant que les souvenirs « refoulés » pourraient être des reconstructions ou des faux souvenirs.
Études récentes :
– Une méta-analyse de 2020 a montré que les traumatismes refoulés peuvent resurgir sous forme de symptômes de stress post-traumatique, confirmant l’hypothèse freudienne du retour du refoulé.
– Des travaux en neuro-imagerie ont révélé que les souvenirs refoulés activent des zones cérébrales spécifiques (amygdale, cortex préfrontal), distinctes de celles des souvenirs conscients.
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