Spasmophilie: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur la spasmophilie? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à la spasmophilie.
Rédacteur « spasmophilie »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Qu’est-ce que la spasmophilie ? Définition et historique
La spasmophilie, aussi appelée tétanie latente ou syndrome d’hyperventilation, est un ensemble de symptômes liés à une hyper-excitabilité neuromusculaire et nerveuse anormale. Ce terme, très utilisé en France dans les années 1970-1980, a progressivement disparu des classifications médicales internationales, mais reste ancré dans le langage courant et dans la pratique de certains médecins.
Aujourd’hui, la spasmophilie n’est plus considérée comme une entité nosologique à part entière, mais plutôt comme un ensemble de manifestations cliniques pouvant s’intégrer dans le cadre de troubles anxieux ou de troubles de l’humeur. Historiquement, la spasmophilie était souvent associée à des crises spectaculaires, marquées par des contractions musculaires, des fourmillements, des palpitations et une hyperventilation. Ces crises, parfois impressionnantes, pouvaient durer de quelques minutes à plusieurs heures, et étaient souvent attribuées à un déséquilibre en calcium et magnésium, ou à une réaction excessive au stress. Cependant, avec l’évolution des connaissances médicales, on comprend aujourd’hui que ces symptômes relèvent davantage de mécanismes psychosomatiques, notamment liés à l’anxiété et à l’hyperventilation, que d’une maladie organique spécifique.
Exemple clinique : une crise typique
Prenons l’exemple de Sophie, 32 ans, cadre dans une entreprise parisienne. Depuis plusieurs mois, elle ressent une fatigue persistante et une anxiété diffuse. Un matin, lors d’une réunion stressante, elle commence à ressentir des picotements dans les mains, une sensation d’oppression thoracique, puis une accélération de son rythme cardiaque. Elle se met à respirer rapidement, ce qui aggrave ses symptômes : ses doigts se contractent (signe de Trousseau), elle a l’impression de perdre le contrôle et craint de faire un malaise cardiaque. Les secours sont appelés, mais après examen, aucun trouble cardiaque ou neurologique n’est détecté. Le diagnostic retenu est celui d’une crise de spasmophilie, déclenchée par un stress aigu sur un terrain anxieux.
Symptômes de la spasmophilie : comment la reconnaître ?
Les symptômes de la spasmophilie sont variés et peuvent être divisés en deux grandes catégories : les manifestations aiguës (lors des crises) et les symptômes chroniques.
Manifestations aiguës (crises)
Lors d’une crise, la personne peut présenter :
– Hyperventilation : respiration rapide et superficielle, souvent involontaire, entraînant une baisse du CO2 dans le sang (hypocapnie) et des symptômes comme des vertiges, des fourmillements (paresthésies) ou des crampes.
– Symptômes neuromusculaires : contractions musculaires (spasmes), tremblements, signe de Trousseau (main d’accoucheuse), signe de Chvostek (contraction faciale à la percussion).
– Symptômes cardiovasculaires : palpitations, sensation d’oppression thoracique, parfois douleurs précordiales.
– Symptômes psychiques : angoisse intense, peur de mourir, impression de perte de contrôle, parfois dépersonnalisation ou déréalisation.
Symptômes chroniques
En dehors des crises, les personnes spasmophiles peuvent souffrir de :
– Fatigue chronique, troubles du sommeil.
– Céphalées, migraines.
– Troubles digestifs (nausées, diarrhées, douleurs abdominales).
– Sensation de malaise permanent, intolérance au stress, hypersensibilité émotionnelle.
Exemple clinique : spasmophilie chronique
Marc, 40 ans, enseignant, consulte pour des maux de tête récurrents, des vertiges et une fatigue persistante depuis plusieurs mois. Il décrit aussi des épisodes de palpitations et de tremblements, surtout le matin avant d’aller travailler. Aucun bilan cardiologique ou neurologique n’a révélé d’anomalie. Après un entretien approfondi, son médecin évoque une spasmophilie chronique, liée à un stress professionnel non géré et à une personnalité anxieuse. Une prise en charge par thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et une rééducation respiratoire sont proposées.
Causes et mécanismes de la spasmophilie
Les causes de la spasmophilie sont multifactorielles, mêlant facteurs psychologiques, physiologiques et environnementaux.
Facteurs psychologiques
L’anxiété, le stress chronique, les troubles de la personnalité (notamment histrionique ou borderline), ou encore les antécédents de traumatismes psychologiques sont souvent retrouvés chez les personnes spasmophiles. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « la spasmophilie est souvent la manifestation somatique d’une anxiété sous-jacente, parfois méconnue du patient lui-même ».
Facteurs physiologiques
L’hyperventilation, en réduisant le taux de CO2 dans le sang, entraîne une alcalose respiratoire responsable de nombreux symptômes (tétanie, vertiges, etc.). Certains déséquilibres électrolytiques (carence en magnésium, calcium) peuvent aussi jouer un rôle, bien que leur implication directe soit aujourd’hui discutée.
Facteurs environnementaux
Le mode de vie (sédentarité, alimentation déséquilibrée, manque de sommeil), les événements stressants (deuil, rupture, surmenage professionnel) ou encore la consommation excessive de caféine ou d’alcool peuvent favoriser ou aggraver les symptômes.
Diagnostic de la spasmophilie
Le diagnostic de spasmophilie est avant tout clinique. Attention, ce n’est pas un diagnostic établi dans la nosographie médicale. Il repose sur l’interrogatoire du patient, la description des symptômes et l’élimination d’autres causes organiques (troubles cardiaques, neurologiques, métaboliques).
Examen clinique
Le médecin recherche des signes évocateurs :
– Signe de Trousseau : apparition de contractions musculaires après compression du bras (main d’accoucheuse).
– Signe de Chvostek : contraction faciale à la percussion du nerf facial.
– Hyperventilation provoquée : reproduction des symptômes par une respiration rapide et profonde.
Examens complémentaires
Aucun examen n’est spécifique, mais certains peuvent être utiles pour éliminer d’autres diagnostics :
– Ionogramme sanguin (recherche de troubles du calcium, magnésium, potassium).
– Électrocardiogramme (pour éliminer une pathologie cardiaque).
– Bilan thyroïdien (pour éliminer une hyperthyroïdie).
Exemple clinique : diagnostic différentiel
Claire, 28 ans, se présente aux urgences pour des douleurs thoraciques et des fourmillements. L’équipe médicale évoque d’abord une embolie pulmonaire, mais les examens (scanner, ECG, prise de sang) sont normaux. L’interrogatoire révèle un contexte de stress intense (examens universitaires) et des antécédents de crises similaires. Le diagnostic de spasmophilie est retenu après reproduction des symptômes par hyperventilation provoquée.
Traitement et prise en charge de la spasmophilie
La prise en charge de la spasmophilie est globale, associant des mesures immédiates pour calmer les crises et des stratégies à long terme pour prévenir les récidives.
Traitement des crises
En cas de crise, il est recommandé de :
– Rassurer la personne et lui faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’une urgence vitale.
– Lui faire respirer dans un sac en papier ou lui faire ralentir sa respiration pour corriger l’hypocapnie.
– Lui proposer un environnement calme et lui éviter les stimuli stressants.
Traitement de fond
À long terme, la prise en charge repose sur :
– Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : pour apprendre à gérer le stress, l’anxiété et les pensées catastrophiques. Les TCC sont aujourd’hui considérées comme le traitement de première intention.
– Rééducation respiratoire : pour corriger l’hyperventilation chronique.
– Hygiène de vie : alimentation équilibrée (apport en magnésium), activité physique régulière, réduction de la caféine et de l’alcool, gestion du sommeil.
– Traitements médicamenteux : en cas de besoin, des anxiolytiques ou antidépresseurs peuvent être prescrits sur une courte durée, toujours sous contrôle médical.
Exemple clinique : prise en charge globale
Julien, 35 ans, informaticien, souffre de crises de spasmophilie depuis l’adolescence. Après plusieurs hospitalisations inutiles, il consulte un psychiatre qui lui propose une prise en charge par TCC et une rééducation respiratoire. En parallèle, il apprend à mieux gérer son temps de travail et à pratiquer la méditation. Après six mois, la fréquence et l’intensité de ses crises diminuent significativement.
Spasmophilie et troubles associés
La spasmophilie est souvent associée à d’autres troubles psychiatriques ou somatiques, ce qui peut compliquer sa prise en charge.
Troubles anxieux et dépressifs
La spasmophilie partage de nombreux points communs avec les troubles anxieux et la dépression. Elle peut aussi s’inscrire dans le cadre d’un trouble panique ou d’un trouble de stress post-traumatique.
Troubles de la personnalité
Certains traits de personnalité (hypersensibilité, dépendance affective, évitement) sont fréquemment retrouvés chez les spasmophiles, et peuvent nécessiter une prise en charge spécifique.
Exemple clinique : spasmophilie et dépression
Élodie, 42 ans, présente des crises de spasmophilie depuis plusieurs années. Lors de sa consultation, elle évoque aussi une perte de motivation, des troubles du sommeil et des idées noires. Son psychiatre diagnostique un épisode dépressif majeur associé à une spasmophilie. Une prise en charge combinant antidépresseurs et TCC est mise en place, avec une amélioration progressive de son état.
Spasmophilie : mythe ou réalité médicale ?
La spasmophilie reste un sujet de débat au sein de la communauté médicale. Certains médecins la considèrent comme une entité clinique à part entière, tandis que d’autres y voient une manifestation parmi d’autres des troubles anxieux ou somatoformes. Elle est également confondue parfois avec le trouble panique.
Pourquoi la spasmophilie a-t-elle disparu des classifications ?
La spasmophilie n’apparaît ni dans le DSM-5 (manuel diagnostique américain) ni dans la CIM-11 (classification internationale des maladies). Cela s’explique par le manque de critères diagnostiques précis et la difficulté à la différencier d’autres troubles, notamment les troubles anxieux et les troubles de conversion. Cependant, en France, le terme reste utilisé en pratique courante, notamment en médecine générale et en psychiatrie.
Vers une approche intégrative
Aujourd’hui, la tendance est à une approche intégrative, prenant en compte à la fois les symptômes physiques (hyperventilation, tétanie) et les facteurs psychologiques (anxiété, stress). Comme le souligne le Dr Nicolas Neveux, « la spasmophilie est un bon exemple de la nécessité d’une médecine à la fois somatique et psychique, où le corps et l’esprit sont indissociables ».
Conseils pratiques pour vivre avec la spasmophilie
Vivre avec la spasmophilie peut être difficile, mais certaines stratégies permettent de mieux gérer les symptômes au quotidien.
Gestion du stress et de l’anxiété
– Techniques de relaxation : cohérence cardiaque, méditation, sophrologie.
– Activité physique régulière : marche, natation, yoga.
– Thérapies brèves : TCC, EMDR en cas de traumatisme sous-jacent.
Alimentation et hygiène de vie
– Alimentation riche en magnésium : chocolat noir, noix, légumes verts, céréales complètes.
– Hydratation suffisante : éviter la déshydratation qui peut aggraver les symptômes.
– Limitation des excitants : café, thé, alcool, tabac.
Exemple clinique : prévention des crises
Léa, 25 ans, étudiante, souffre de spasmophilie depuis le lycée. Après avoir consulté un psychiatre, elle met en place un programme de gestion du stress : méditation quotidienne, réduction du café, et séances de TCC. Elle apprend aussi à reconnaître les signes avant-coureurs de ses crises (tension musculaire, accélération du rythme cardiaque) et à appliquer des techniques de respiration pour les prévenir.
Quand consulter ?
Il est important de consulter un médecin ou un psychiatre si :
– Les crises sont fréquentes ou invalidantes.
– Les symptômes s’aggravent ou s’accompagnent de signes inhabituels (perte de connaissance, douleurs thoraciques intenses).
– La spasmophilie s’associe à des signes de dépression ou d’anxiété généralisée.
Conclusion
La spasmophilie, bien que controversée sur le plan nosologique, reste une réalité clinique pour de nombreux patients. Elle illustre la complexité des interactions entre le corps et l’esprit, et la nécessité d’une prise en charge globale, associant gestion du stress, thérapies comportementales et, si nécessaire, traitements médicamenteux. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « la clé réside dans l’écoute du patient et dans une approche personnalisée, prenant en compte à la fois les symptômes physiques et les facteurs psychologiques ». Si vous ou un proche êtes concerné par la spasmophilie, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à un spécialiste en santé mentale. Une prise en charge adaptée peut grandement améliorer votre qualité de vie.
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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