Thérapie d’acceptation et d’engagement

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Rédacteur « thérapie d’acceptation et d’engagement »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous

Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

  • Appartient aux TCC.
  • Approche validée par des centaines d’études et méta-analyses.
  • Se distingue par son accent sur l’acceptation et l’engagement vers des valeurs personnelles.

Qu’est-ce que la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) ?

La thérapie d’acceptation et d’engagement, ou ACT (Acceptance and Commitment Therapy), est une forme de psychothérapie appartenant à la troisième vague des thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Développée dans les années 1980 par le psychologue américain Steven C. Hayes, l’ACT se distingue des approches classiques en ne cherchant pas à modifier directement le contenu des pensées ou des émotions, mais plutôt à changer la relation que la personne entretient avec celles-ci. L’objectif principal est d’aider le patient à développer une flexibilité psychologique, c’est-à-dire la capacité à agir en accord avec ses valeurs personnelles, même en présence de pensées ou d’émotions difficiles. L’ACT repose sur six processus thérapeutiques centraux :
– L’acceptation : apprendre à accueillir ses émotions et pensées sans chercher à les éviter ou à les supprimer.
– La défusion cognitive : prendre du recul par rapport à ses pensées, les observer sans s’y identifier.
– Le contact avec le moment présent : développer une pleine conscience (mindfulness) de l’instant.
– Le soi comme contexte : distinguer le « soi » qui observe de ses expériences internes.
– Les valeurs : clarifier ce qui est vraiment important pour soi.
– L’engagement dans l’action : agir en accord avec ses valeurs, malgré les obstacles internes.

Exemple clinique : Un patient souffrant de trouble anxieux généralisé évite les situations sociales par peur du jugement. En ACT, le thérapeute l’aide à accepter l’anxiété comme une émotion normale, à défusionner de la pensée « Je vais être jugé », et à s’engager dans des actions valorisées (comme retrouver des amis), malgré la peur.

Les fondements scientifiques de l’ACT

L’ACT s’appuie sur la théorie des cadres relationnels (TCR), une approche scientifique du langage et de la cognition. Selon cette théorie, la souffrance humaine provient souvent de la tendance à s’attacher littéralement à ses pensées (« fusion cognitive »), ce qui limite la flexibilité comportementale. L’ACT propose de modifier le contexte dans lequel les pensées et émotions sont vécues, plutôt que leur contenu.

Efficacité validée par la recherche :
– Une revue de 20 méta-analyses, incluant 133 études, a confirmé l’efficacité de l’ACT dans la réduction des symptômes dépressifs, anxieux, et dans l’amélioration de la qualité de vie chez des patients souffrant de douleurs chroniques, de TOC, ou de stress post-traumatique.
– L’ACT est aussi efficace que les TCC classiques pour la dépression et l’anxiété, avec des effets durables sur le long terme. Exemple clinique : Une étude récente a montré que l’ACT réduit significativement les rituels compulsifs chez les patients souffrant de TOC, en les aidant à tolérer l’incertitude et à s’engager dans des activités valorisées, plutôt qu’à chercher à neutraliser leurs obsessions.

Applications cliniques de l’ACT

L’ACT est utilisée dans un large éventail de troubles et de contextes, grâce à sa flexibilité et son approche transdiagnostique. Voici quelques applications majeures :

1. Troubles anxieux et dépression

L’ACT aide les patients à sortir de la rumination et de l’évitement, en les encourageant à accepter leurs émotions et à s’engager dans des actions alignées avec leurs valeurs. Par exemple, un patient dépressif apprendra à accueillir sa tristesse sans chercher à la supprimer, et à se réengager dans des activités sociales ou professionnelles importantes pour lui.

2. Troubles obsessionnels compulsifs (TOC)

L’ACT permet de réduire les rituels en apprenant à tolérer l’incertitude et à se défusionner des pensées obsessionnelles. Un patient souffrant de TOC de vérification pourra, par exemple, apprendre à observer ses pensées (« Et si j’ai oublié de fermer le gaz ? ») sans agir compulsivement, et à se recentrer sur des actions valorisées.

3. Douleurs chroniques

L’ACT améliore la qualité de vie des patients en les aidant à accepter la douleur tout en s’engageant dans des activités significatives. Une étude a montré que les patients souffrant de fibromyalgie, après une thérapie ACT, réduisaient leur souffrance psychologique et augmentaient leur niveau d’activité.

4. Stress post-traumatique

L’ACT favorise la réintégration des souvenirs traumatisants dans une narration de vie plus large, en aidant le patient à accepter les émotions liées au trauma et à s’engager dans des actions porteuses de sens.

5. Addictions et troubles du comportement alimentaire

L’ACT est utilisée pour réduire les comportements d’évitement (consommation de substances, scarifications, compulsions alimentaires) en aidant le patient à identifier ses valeurs et à agir en accord avec celles-ci, malgré les envies ou les émotions difficiles. Exemple clinique : Une patiente souffrant de boulimie apprend, grâce à l’ACT, à accueillir ses émotions de vide et de honte sans recourir aux crises, et à s’engager dans des activités artistiques, une valeur importante pour elle.

Techniques et outils en ACT

L’ACT utilise une variété de techniques expérientielles, souvent sous forme de métaphores et d’exercices, pour favoriser la flexibilité psychologique. En voici quelques-unes :

1. Métaphores

– Le passager indésirable : illustrer la défusion cognitive en comparant les pensées à des passagers bruyants dans un bus, que l’on peut écouter sans les laisser diriger notre vie.
– Le damier : montrer que la souffrance fait partie de la vie, comme les cases noires et blanches d’un damier.

2. Exercices de pleine conscience

– L’observation des pensées : noter ses pensées comme des nuages passant dans le ciel, sans s’y attacher.
– Le scan corporel : porter attention aux sensations physiques, sans jugement.

3. Travail sur les valeurs

– La boussole des valeurs : aider le patient à identifier ce qui compte vraiment pour lui (famille, créativité, santé, etc.) et à définir des actions concrètes pour s’y engager.

4. Défusion cognitive

– La pensée répétée : répéter une pensée angoissante jusqu’à ce qu’elle perde son pouvoir émotionnel.
– Le nommage : dire « Je remarque que j’ai la pensée que… » pour prendre de la distance. Exemple clinique : Un patient souffrant de phobie sociale utilise la métaphore du « passager indésirable » pour observer ses pensées critiques (« Je vais faire une erreur ») sans les croire, et s’engage à participer à une réunion professionnelle, une valeur importante pour lui.

ACT et flexibilité psychologique : un changement de paradigme

L’ACT propose un changement de paradigme en psychothérapie : au lieu de chercher à éliminer les symptômes, elle vise à développer la flexibilité psychologique, c’est-à-dire la capacité à agir en accord avec ses valeurs, même en présence de pensées ou d’émotions difficiles. Cette approche est particulièrement utile dans les cas où les stratégies d’évitement (rumination, rituels, consommation de substances) aggravent la souffrance. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « L’ACT ne cherche pas à supprimer la souffrance, mais à permettre au patient de vivre pleinement, malgré elle. C’est une thérapie de l’action et du sens, qui redonne du pouvoir au patient sur sa propre vie. »

ACT et autres approches thérapeutiques

L’ACT s’intègre souvent avec d’autres approches, comme la thérapie interpersonnelle (TIP) ou la thérapie cognitive classique. Elle emprunte aussi des techniques à la Gestalt, à la pleine conscience, et à la psychologie existentielle, tout en les intégrant dans un cadre scientifique rigoureux.

Limites et critiques de l’ACT

Bien que l’ACT soit largement validée, certaines limites sont soulignées :
– Accessibilité : nécessite un engagement actif du patient, ce qui peut être difficile pour certains.
– Formation des thérapeutes : l’ACT demande une formation spécifique pour être pratiquée efficacement.
– Adaptation culturelle : certaines métaphores ou exercices peuvent nécessiter une adaptation selon les contextes culturels.

Comment se déroule une thérapie ACT ?

Une thérapie ACT se déroule généralement en 8 à 16 séances, selon les besoins. Le thérapeute utilise des exercices, des métaphores, et des discussions pour aider le patient à :
1. Identifier ses valeurs.
2. Développer l’acceptation et la défusion.
3. S’engager dans des actions alignées avec ses valeurs, malgré les obstacles internes. Exemple de protocole :
– Séances 1-3 : évaluation, psychoéducation, introduction à la pleine conscience.
– Séances 4-8 : travail sur l’acceptation, la défusion, et les valeurs.
– Séances 9-16 : engagement dans l’action, consolidation des acquis.

Conclusion : l’ACT, une thérapie de l’action et du sens

La thérapie d’acceptation et d’engagement est une approche innovante, validée scientifiquement, qui offre une alternative aux thérapies centrées sur la suppression des symptômes. En aidant les patients à développer leur flexibilité psychologique, l’ACT leur permet de vivre une vie plus riche et plus alignée avec leurs valeurs, malgré la présence de pensées ou d’émotions difficiles.

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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

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