Trouble de l’attention à autrui
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Rédacteur « trouble de l’attention à autrui »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Concept émergent, encore à l’état d’hypothèse, non démontré scientifiquement.
- Pas de consensus diagnostique, mais des pistes cliniques et thérapeutiques.
Qu’est-ce que le trouble de l’attention à autrui ?
Le trouble de l’attention à autrui est un concept récent, encore à l’état d’hypothèse clinique, qui désigne une difficulté persistante à porter attention aux besoins, émotions et attentes des autres. Contrairement aux troubles de l’attention classiques (comme le TDAH), il ne s’agit pas d’un déficit de concentration généralisé, mais d’une incapacité sélective à se centrer sur autrui, avec des répercussions majeures sur les relations sociales, professionnelles et affectives.
Ce trouble n’est pas reconnu comme une entité nosographique à part entière dans les classifications internationales (DSM-5, CIM-11). Il est souvent évoqué dans le cadre de pathologies associées : trouble de la personnalité limite, trouble de la personnalité narcissique, ou encore dans certaines formes de dépression ou d’anxiété sociale.
Exemple clinique : Julien, 35 ans, consulte pour des conflits répétés au travail. Il décrit une incapacité à « entendre » les remarques de ses collègues, une tendance à couper la parole, et une impression que les autres sont « trop sensibles ». Pourtant, il souffre de cette situation et se sent isolé. L’évaluation révèle une absence de TDAH ou de trouble de la personnalité avéré, mais une difficulté marquée à prêter attention aux signaux sociaux, évoquant un possible trouble de l’attention à autrui.
Origines et mécanismes hypothétiques
Plusieurs pistes sont explorées pour expliquer ce trouble :
- Facteurs neurodéveloppementaux : Certains chercheurs suggèrent un dysfonctionnement des réseaux cérébraux impliqués dans la théorie de l’esprit (capacité à se représenter les états mentaux d’autrui), comme le cortex préfrontal médian ou le sulcus temporal supérieur. Des études en neuro-imagerie fonctionnelle montrent des anomalies dans ces zones chez des patients présentant des difficultés relationnelles similaires.
- Facteurs psychologiques : Un attachement précoce insécure, des traumatismes relationnels, ou une éducation centrée sur la performance individuelle pourraient favoriser une focalisation excessive sur soi au détriment de l’attention portée aux autres.
- Facteurs environnementaux : L’hyperstimulation numérique (réseaux sociaux, multitâche) est parfois évoquée comme un facteur aggravant, réduisant la capacité à maintenir une attention soutenue envers autrui.
À noter : Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « ce trouble reste une hypothèse clinique, non validée par des preuves scientifiques solides. Il est crucial de ne pas pathologiser des traits de personnalité ou des difficultés relationnelles sans une évaluation approfondie. »
Symptômes et manifestations cliniques
Les signes du trouble de l’attention à autrui sont variés et souvent non spécifiques. Ils peuvent inclure :
- Difficulté à écouter activement : La personne semble « absente » lors des échanges, répond à côté, ou oublie rapidement ce qui a été dit. Elle peut aussi interrompre fréquemment, comme dans le TDAH, mais sans l’hyperactivité ou l’impulsivité motrice.
- Manque d’empathie apparente : Incapacité à percevoir la détresse ou les besoins d’autrui, souvent interprétée à tort comme de l’indifférence ou de l’égoïsme.
- Difficultés professionnelles : Problèmes de collaboration, malentendus avec les collègues, difficulté à suivre des consignes orales.
- Conflits relationnels : Sentiment d’incompréhension mutuelle, reproches de la part de l’entourage (« tu ne m’écoutes jamais », « tu ne penses qu’à toi »).
Exemple clinique : Claire, 28 ans, rapporte que son conjoint lui reproche de ne jamais « l’entendre » quand il parle de sa journée. Elle reconnaît qu’elle « décroche » rapidement, non par manque d’intérêt, mais parce qu’elle est « submergée » par ses propres pensées. Elle évite désormais les conversations profondes, ce qui aggrave la distance dans le couple.
Il est important de distinguer ce trouble d’autres pathologies :
| Trouble de l’attention à autrui (hypothèse) | TDAH | Trouble de la personnalité narcissique |
|---|---|---|
| Difficulté sélective à prêter attention aux autres | Inattention généralisée, hyperactivité, impulsivité | Manque d’empathie, besoin d’admiration, grandiosité |
| Pas de critère diagnostique validé | Critères DSM-5/CIM-11 | Critères DSM-5/CIM-11 |
Outils d’évaluation
Aucun outil spécifique n’existe pour évaluer le trouble de l’attention à autrui. Les cliniciens s’appuient sur :
- Des entretiens cliniques approfondis, explorant les antécédents relationnels et les plaintes de l’entourage.
- Des échelles d’empathie (comme l’Interpersonal Reactivity Index) ou de théorie de l’esprit.
- L’exclusion d’autres diagnostics (TDAH, trouble du spectre autistique, trouble de la personnalité).
Prise en charge et accompagnement
En l’absence de consensus, la prise en charge est symptomatique et adaptée à chaque patient. Plusieurs approches sont proposées :
- Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : Pour travailler sur l’attention sélective, la gestion des distractions, et les compétences sociales. Les TCC peuvent inclure des exercices de pleine conscience (mindfulness) pour améliorer la présence à l’autre.
- Thérapie interpersonnelle (TIP) : Pour explorer les schémas relationnels et améliorer la communication. La TIP est particulièrement indiquée en cas de dépression ou de conflits interpersonnels associés.
- Approches psychodynamiques : Pour comprendre les origines inconscientes de cette difficulté à prêter attention à autrui, notamment en cas de traumatismes relationnels précoces.
- Soutien à l’entourage : Psychoéducation pour les proches, afin de limiter les malentendus et les reproches.
Exemple clinique : Thomas, 40 ans, suit une TCC centrée sur l’attention à autrui. Grâce à des exercices de reformulation et de feedback immédiat, il parvient progressivement à maintenir son attention lors des échanges, réduisant ainsi les tensions avec son équipe.
Perspectives de recherche
Les recherches actuelles explorent :
- Le rôle des neurotransmetteurs (dopamine, oxytocine) dans la régulation de l’attention sociale.
- L’efficacité des interventions basées sur la réalité virtuelle pour entraîner l’attention à autrui.
- Les liens avec l’hypersensibilité émotionnelle et l’alexithymie.
Épidémiologie chez l’enfant et l’adolescent
Peu de données épidémiologiques existent sur le trouble de l’attention à autrui chez l’enfant. Cependant, certains cliniciens observent des signes précurseurs :
- Difficulté à partager l’attention conjointe (ex : ne suit pas le regard ou le pointage de l’adulte).
- Jeu solitaire persistant, malgré des compétences sociales par ailleurs préservées.
- Difficulté à respecter les tours de parole, souvent attribuée à tort à de l’impolitesse.
Exemple clinique : Léo, 8 ans, est décrit par son enseignante comme « dans sa bulle ». Il ne répond pas quand on l’appelle, non par opposition, mais parce qu’il est « absorbé » par ses propres pensées. Les bilans ne retrouvent ni TDAH ni trouble du spectre autistique, mais une difficulté à « accorder son attention » aux autres.
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