Troubles des apprentissages: reconnaître et gérer
Vous voulez en savoir plus sur le troubles des apprentissages? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à le troubles des apprentissages.
Rédacteur « troubles des apprentissages »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être un symptôme de pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
Qu’est-ce que les troubles des apprentissages ?
Les troubles des apprentissages désignent un ensemble de difficultés persistantes et spécifiques qui affectent l’acquisition, la compréhension ou l’utilisation de compétences fondamentales, telles que la lecture, l’écriture, le calcul, l’expression orale ou la concentration. Contrairement aux simples retards scolaires ou aux difficultés passagères, ces troubles sont durables et souvent liés à des dysfonctionnements neurodéveloppementaux. Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, il est essentiel de distinguer ces troubles des simples lacunes ou d’un manque de motivation. Selon les données épidémiologiques, si 15 à 20 % des enfants rencontrent des difficultés d’apprentissage à un moment donné de leur scolarité, les troubles spécifiques des apprentissages ne concernent, eux, que 5 à 7 % des enfants d’âge scolaire. Ces chiffres soulignent l’importance d’un diagnostic précis pour éviter les confusions avec d’autres problèmes, comme les troubles anxieux ou les troubles dépressifs, qui peuvent aussi impacter les performances scolaires.
Les principaux types de troubles des apprentissages
Les troubles des apprentissages se manifestent sous différentes formes, chacune affectant une ou plusieurs compétences cognitives. Voici les principaux types de troubles spécifiques du langage et des apprentissages, illustrés par des exemples cliniques concrets :
| Type de trouble | Description | Exemple clinique |
|---|---|---|
| Dyslexie | Difficulté persistante à identifier les lettres, à associer les sons (phonèmes) aux lettres (graphèmes), et à lire de manière fluide et précise. | Léo, 9 ans, confond systématiquement les lettres « b » et « d », lit lentement et avec de nombreuses erreurs, et évite les activités de lecture. Malgré des efforts intensifs, il ne parvient pas à suivre le rythme de sa classe en lecture. |
| Dysorthographie | Trouble spécifique de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe, souvent associé à la dyslexie. | Emma, 11 ans, écrit « chapeau » pour « chat » et « fami » pour « famille ». Ses dictées sont truffées d’erreurs, même pour des mots simples qu’elle connaît oralement. |
| Dyscalculie | Difficulté à comprendre et à manipuler les nombres, les opérations mathématiques de base, et les concepts de temps ou d’espace. | Thomas, 10 ans, ne parvient pas à compter au-delà de 20 sans se tromper, confond les symboles « + » et « x », et ne comprend pas le concept de « dizaine ». Il utilise ses doigts pour des calculs simples comme 5 + 3. |
| Dysphasie | Trouble du langage oral, affectant la compréhension et/ou l’expression. Peut concerner le vocabulaire, la grammaire, ou la structure des phrases. | Lucas, 8 ans, a un vocabulaire très limité pour son âge. Il dit « truc » ou « machin » pour désigner des objets, et ses phrases sont souvent incompréhensibles (« Moi veux aller là-bas hier »). |
| Dyspraxie | Trouble de la planification, de la coordination et de l’exécution des mouvements volontaires, affectant les gestes fins et la motricité globale. | Chloé, 7 ans, a du mal à tenir son crayon, à dessiner des formes simples, ou à enfiler des perles. Elle trébuche souvent et semble « maladroite » dans ses mouvements. |
| Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) | Difficulté à maintenir l’attention, à contrôler les impulsions, et parfois hyperactivité. Impacte fortement les apprentissages. | Hugo, 12 ans, ne parvient pas à rester assis plus de 5 minutes, oublie régulièrement son matériel scolaire, et répond aux questions sans attendre la fin de la consigne. Ses cahiers sont désorganisés et ses devoirs souvent inachevés. |
Ces troubles peuvent survenir isolément ou en association. Par exemple, un enfant peut présenter à la fois une dyslexie et un TDAH, ce qui complique encore davantage son parcours scolaire. Une prise en charge globale, comme celle proposée par la thérapie cognitive et comportementale (TCC), est alors indispensable pour répondre à l’ensemble des besoins.
Les causes des troubles des apprentissages
Les causes des troubles des apprentissages sont multifactorielles et souvent liées à des particularités du développement cérébral. Les recherches en neurosciences ont mis en évidence des différences structurelles et fonctionnelles dans certaines zones du cerveau chez les personnes concernées. Par exemple :
- Facteurs génétiques : Les études montrent une forte hérédité. Si un parent a eu des troubles des apprentissages, son enfant a un risque accru d’en développer également (référence : Gayan & Olson, 2003).
- Facteurs neurobiologiques : Des anomalies dans le développement des aires cérébrales impliquées dans le langage (pour la dyslexie), le calcul (pour la dyscalculie), ou la motricité (pour la dyspraxie) ont été observées (référence : Dehaene, 2011).
- Facteurs environnementaux : Une exposition prénatale à des toxines (alcool, tabac), une prématurité, ou un environnement peu stimulant sur le plan linguistique peuvent aussi jouer un rôle.
Il est important de noter que ces troubles ne sont pas liés à un manque d’intelligence. Au contraire, de nombreux enfants atteints de troubles des apprentissages ont une intelligence normale, voire supérieure à la moyenne. Leur difficulté réside dans l’accès à certaines compétences spécifiques, malgré leurs efforts.
Comment reconnaître les troubles des apprentissages ?
Reconnaître un trouble des apprentissages n’est pas toujours simple, car les symptômes peuvent varier d’un enfant à l’autre et évoluer avec l’âge. Cependant, certains signes d’alerte doivent attirer l’attention des parents et des enseignants.
Signes d’alerte selon l’âge
À l’école maternelle (3-6 ans)
- Difficulté à reconnaître les lettres ou les chiffres.
- Retard dans l’acquisition du langage (vocabulaire limité, phrases mal construites).
- Difficulté à tenir un crayon ou à dessiner des formes simples (cercle, carré).
- Problèmes de motricité globale (courir, sauter, attraper un ballon).
- Difficulté à suivre des consignes simples ou à rester attentif pendant une activité.
Exemple clinique : Léa, 5 ans, ne parvient pas à reconnaître son prénom écrit en majuscules, alors que ses camarades y arrivent depuis plusieurs mois. Elle évite les jeux de puzzle et semble frustrée lorsqu’on lui demande de dessiner.
À l’école primaire (6-11 ans)
- Lecture lente, hésitante, avec de nombreuses erreurs (saut de lignes, inversions de lettres).
- Difficulté à écrire sous la dictée, avec des erreurs phonétiques (« fami » pour « famille »).
- Problèmes pour mémoriser les tables de multiplication ou résoudre des problèmes mathématiques simples.
- Difficulté à organiser son travail (oubli du matériel, devoirs non terminés).
- Évitement des activités scolaires, avec des réactions de frustration ou d’anxiété.
Exemple clinique : Noah, 8 ans, lit à voix haute de manière saccadée et bute sur des mots simples comme « chaise » ou « maison ». Il passe beaucoup de temps sur ses devoirs, mais les résultats restent médiocres. Ses parents remarquent qu’il pleure souvent avant d’aller à l’école.
Au collège et au lycée (12 ans et plus)
- Difficulté à comprendre des textes longs ou complexes.
- Problèmes pour rédiger des dissertations ou des résumés structurés.
- Difficulté à suivre en classe, avec une prise de notes désorganisée.
- Échecs répétés dans certaines matières (français, mathématiques), malgré des efforts importants.
- Sentiment de découragement, perte de confiance en soi, ou même symptômes dépressifs liés à l’échec scolaire.
Exemple clinique : Camille, 15 ans, a toujours eu des difficultés en mathématiques, mais ses résultats se dégradent en seconde. Elle ne parvient pas à suivre les cours d’algèbre et évite de demander de l’aide par peur d’être jugée. Elle commence à douter de ses capacités et envisage d’abandonner ses études.
Le rôle des professionnels de santé
Un diagnostic précoce est crucial pour mettre en place une prise en charge adaptée. Plusieurs professionnels peuvent intervenir :
- Le médecin traitant ou le pédiatre : Premier interlocuteur, il peut dépister des signes évocateurs et orienter vers un spécialiste.
- Le psychologue : Réalise des bilans cognitifs pour évaluer les forces et les faiblesses de l’enfant (QI, mémoire, attention, etc.).
- Le neuropsychologue : Approfondit l’évaluation avec des tests standardisés pour identifier précisément le ou les troubles.
- L’orthophoniste : Intervient pour les troubles du langage oral ou écrit (dyslexie, dysorthographie, dysphasie).
- Le psychomotricien : Prend en charge les troubles de la motricité fine et globale (dyspraxie).
- Le psychiatre : Peut être consulté en cas de troubles associés (TDAH, troubles anxieux, dépression).
Comme le souligne le Dr Nicolas Neveux, une approche pluridisciplinaire est souvent nécessaire pour une prise en charge optimale. Par exemple, un enfant dyslexique pourra bénéficier d’un suivi orthophonique, d’aménagements scolaires, et éventuellement d’une TCC pour gérer l’anxiété liée à ses difficultés.
Prise en charge et solutions pour les troubles des apprentissages
Une fois le diagnostic posé, une prise en charge adaptée permet à l’enfant de progresser et de compenser ses difficultés. Les solutions varient selon le type de trouble, mais elles reposent toujours sur une combinaison de rééducation, d’aménagements scolaires et, si nécessaire, d’un soutien psychologique.
Les rééducations spécifiques
Chaque trouble nécessite une rééducation ciblée, menée par des professionnels formés :
- Orthophonie :
- Pour la dyslexie et la dysorthographie : travail sur la conscience phonologique (reconnaissance des sons), la fluence de lecture, et les stratégies de compréhension.
- Pour la dysphasie : stimulation du langage oral (vocabulaire, syntaxe, pragmatique).
Exemple clinique : Enzo, 7 ans, suit des séances d’orthophonie 2 fois par semaine pour sa dyslexie. Grâce à des exercices de repérage des sons et de lecture à voix haute, il commence à lire des phrases courtes sans erreur.
- Psychomotricité :
- Pour la dyspraxie : travail sur la coordination motrice, la planification des gestes, et l’intégration visuo-spatiale.
Exemple clinique : Lila, 9 ans, travaille avec un psychomotricien pour améliorer son écriture et sa motricité fine. Elle utilise désormais des outils adaptés (stylos ergonomiques, papier à gros carreaux) pour faciliter ses apprentissages.
- Soutien scolaire spécialisé :
- Pour tous les troubles : enseignants spécialisés (ULIS, RASED) ou professeurs particuliers formés aux méthodes adaptées (pédagogie multisensorielle, outils numériques, etc.).
Exemple clinique : Gabriel, 10 ans, bénéficie d’un soutien en mathématiques avec un enseignant spécialisé. Ils utilisent des manipulations d’objets (jetons, cubes) pour rendre les concepts abstraits plus concrets.
Les aménagements scolaires
Les enfants atteints de troubles des apprentissages peuvent bénéficier d’aménagements scolaires pour compenser leurs difficultés. Ces aménagements sont formalisés dans un Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) ou un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS), selon la gravité du trouble.
Voici quelques exemples d’aménagements possibles :
- Temps supplémentaire pour les évaluations.
- Utilisation d’outils technologiques (ordinateur avec correcteur orthographique, synthèse vocale, etc.).
- Fourniture de cours polycopiés ou de supports visuels.
- Autorisation d’utiliser une calculatrice ou des tables de multiplication pendant les contrôles.
- Réduction de la charge de travail (devoirs allégés, évaluations adaptées).
- Place en classe proche du tableau ou dans un environnement calme.
Exemple clinique : Emma, 12 ans, dyslexique et dysorthographique, a un PAP qui lui permet d’utiliser un ordinateur en classe pour prendre ses notes et rédiger ses devoirs. Elle a aussi le droit à un tiers temps pour les contrôles, ce qui lui a permis de progresser en français.
Le rôle des parents
Les parents jouent un rôle clé dans l’accompagnement de leur enfant. Voici quelques conseils pour les aider au quotidien :
- Éviter les pressions excessives : Valoriser les efforts plutôt que les résultats. Un enfant en difficulté a besoin de confiance en lui.
- Créer un environnement structuré : Fixer des routines pour les devoirs (heure, lieu, durée) et utiliser des outils visuels (planning, check-lists).
- Collaborer avec l’école : Maintenir un dialogue régulier avec les enseignants et les professionnels de santé pour ajuster la prise en charge.
- Encourager les points forts : Mettre en avant les compétences de l’enfant (sport, art, musique, etc.) pour renforcer son estime de soi.
- Se former et s’informer : Participer à des ateliers ou lire des ressources sur les troubles des apprentissages pour mieux comprendre les besoins de son enfant.
Exemple clinique : Les parents de Lucas, 8 ans, ont suivi une formation sur la dyslexie proposée par une association. Ils ont appris à utiliser des livres audio et des jeux éducatifs pour rendre la lecture plus ludique. Résultat : Lucas lit désormais pour le plaisir, sans appréhension.
Les approches thérapeutiques complémentaires
Dans certains cas, un soutien psychologique peut être nécessaire pour aider l’enfant à gérer le stress, l’anxiété ou la frustration liés à ses difficultés. Plusieurs approches peuvent être proposées :
- La thérapie cognitive et comportementale (TCC) :
- Aide l’enfant à identifier et modifier ses pensées négatives (« Je suis nul », « Je n’y arriverai jamais »).
- Apprend des stratégies de gestion du stress et de l’anxiété (respiration, relaxation).
Exemple clinique : Hugo, 11 ans, souffre de TDAH et de troubles anxieux. Grâce à la TCC, il a appris à mieux gérer ses impulsions et à utiliser des techniques de respiration pour se calmer avant un contrôle.
- La thérapie interpersonnelle (TIP) :
- Se concentre sur les relations de l’enfant avec son entourage (famille, amis, enseignants) pour améliorer son bien-être émotionnel.
Exemple clinique : Camille, 14 ans, se sent isolée à cause de ses difficultés scolaires. La TIP l’a aidée à exprimer ses émotions et à renforcer ses liens avec ses proches, ce qui a réduit son sentiment de solitude.
- Les groupes de parole :
- Permettent à l’enfant de partager son vécu avec d’autres enfants confrontés aux mêmes difficultés, sous la supervision d’un professionnel.
Troubles des apprentissages et troubles associés
Les troubles des apprentissages ne surviennent pas toujours isolément. Ils peuvent être associés à d’autres troubles, ce qui complexifie le diagnostic et la prise en charge.
Les troubles fréquemment associés
- Le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) :Jusqu’à 30 % des enfants dyslexiques présentent aussi un TDAH (référence : DuPaul et al., 2013). Le TDAH peut aggraver les difficultés scolaires en affectant la concentration, l’organisation et la gestion du temps.Exemple clinique : Maxime, 10 ans, a à la fois une dyslexie et un TDAH. Il a du mal à rester concentré pendant la lecture et oublie souvent ce qu’il vient de lire. Une prise en charge combinant orthophonie et TCC lui a permis de progresser.
- Les troubles anxieux :Les enfants confrontés à des difficultés scolaires peuvent développer une anxiété généralisée, une phobie scolaire, ou des troubles paniques. La peur de l’échec et le sentiment d’impuissance sont des facteurs déclenchants fréquents.Exemple clinique : Léa, 9 ans, dyscalculique, développe une anxiété intense à l’idée des cours de mathématiques. Elle présente des crises de larmes et des maux de ventre chaque matin avant l’école. Une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) l’a aidée à surmonter sa peur.
- La dépression :L’échec scolaire répété et le sentiment de ne pas être à la hauteur peuvent conduire à un épisode dépressif, surtout à l’adolescence. Les signes incluent une perte d’intérêt pour les activités, une fatigue persistante, ou des idées noires.Exemple clinique : Antoine, 16 ans, dyslexique sévère, a développé une dépression après plusieurs années de difficultés scolaires. Il se sent « inutile » et a perdu toute motivation. Une prise en charge combinant antidépresseurs et TCC lui a permis de retrouver un équilibre.
- Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) :Certains enfants TSA peuvent présenter des difficultés d’apprentissage, notamment en raison de troubles de la communication ou de la flexibilité cognitive. Cependant, ces troubles sont distincts des troubles spécifiques des apprentissages.
L’importance d’une évaluation globale
Une évaluation complète est essentielle pour identifier tous les troubles présents et adapter la prise en charge. Par exemple, un enfant diagnostiqué dyslexique pourrait aussi souffrir d’un TDAH ou d’un trouble anxieux non détecté. Une prise en charge ciblant uniquement la dyslexie serait alors insuffisante.
Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, un bilan pluridisciplinaire (médecin, psychologue, orthophoniste, etc.) est souvent nécessaire pour poser un diagnostic précis et proposer un plan de soins personnalisé.
Prévention et dépistage précoce
Si certains troubles des apprentissages ont une origine génétique ou neurobiologique difficile à prévenir, un dépistage précoce permet d’intervenir rapidement et de limiter leurs impacts.
Les signes avant-coureurs chez le jeune enfant
Dès la petite enfance, certains signes peuvent alerter :
- Retard de langage (premiers mots après 18 mois, phrases après 3 ans).
- Difficulté à suivre des consignes simples (« Donne-moi le ballon »).
- Problèmes de motricité (difficulté à ramper, marcher, ou attraper des objets).
- Manque d’intérêt pour les livres ou les histoires.
- Difficulté à reconnaître les couleurs ou les formes.
Exemple clinique : Jules, 4 ans, ne parle toujours pas en phrases complètes et a du mal à suivre les consignes en maternelle. Ses parents consultent un orthophoniste, qui détecte un retard de langage et propose une prise en charge précoce. Grâce à cela, Jules comble une partie de son retard avant l’entrée à l’école primaire.
Le rôle des professionnels de la petite enfance
Les professionnels en contact avec les jeunes enfants (pédiatres, enseignants de maternelle, puéricultrices) jouent un rôle clé dans le dépistage. Des outils standardisés, comme le test MELODI (pour la dyslexie) ou le test NEPSY (pour les fonctions exécutives), peuvent être utilisés pour évaluer les compétences cognitives.
En France, le carnet de santé inclut des repères de développement à surveiller à chaque âge. Un dépistage systématique des troubles du langage est également prévu à 3-4 ans dans le cadre des bilans de santé obligatoires.
Les actions de prévention
Bien que les troubles des apprentissages ne puissent pas toujours être évités, certaines actions peuvent favoriser un développement optimal :
- Stimuler le langage dès la petite enfance : Lire des histoires, chanter, parler à son enfant pour enrichir son vocabulaire.
- Encourager les jeux éducatifs : Puzzles, jeux de mémoire, dessin, pour développer la motricité fine et la cognition.
- Limiter l’exposition aux écrans : Les écrans passifs (télévision, tablettes) peuvent retarder l’acquisition du langage et de l’attention.
- Favoriser une alimentation équilibrée : Certaines carences (en fer, en oméga-3) peuvent affecter le développement cérébral.
- Éviter les toxines pendant la grossesse : Tabac, alcool, et certains médicaments peuvent augmenter le risque de troubles neurodéveloppementaux.
Vivre avec des troubles des apprentissages : témoignages et conseils
Vivre avec un trouble des apprentissages peut être un défi au quotidien, mais de nombreuses personnes parviennent à surmonter leurs difficultés et à s’épanouir. Voici des témoignages et des conseils pour mieux vivre avec ces troubles.
Témoignages
Témoignage de Sophie, 25 ans, dyslexique :
« J’ai été diagnostiquée dyslexique à 8 ans. À l’époque, je me sentais nulle, surtout quand mes camarades lisaient à voix haute sans erreur. Aujourd’hui, je suis infirmière. J’ai dû travailler deux fois plus dur que les autres, mais j’y suis arrivée. Mon conseil : ne pas avoir honte de demander de l’aide et utiliser les outils adaptés (ordinateur, synthèse vocale). La dyslexie ne définit pas qui je suis. »
Témoignage de Thomas, 18 ans, dyscalculique :
« Les maths ont toujours été un calvaire pour moi. Au collège, je redoublais mes efforts, mais je ne comprenais rien. Grâce à un professeur patient et à des séances d’orthophonie, j’ai appris des stratégies pour contourner mes difficultés. Aujourd’hui, je fais des études d’art, un domaine où la créativité compte plus que les calculs ! »
Témoignage de Claire, mère d’un enfant dyspraxique :
« Mon fils, 10 ans, a une dyspraxie sévère. Au début, on ne comprenait pas pourquoi il avait tant de mal à écrire ou à faire du vélo. Le diagnostic a été un soulagement : enfin, on savait pourquoi ! Aujourd’hui, il utilise un ordinateur en classe et suit des séances de psychomotricité. Il adore le dessin et rêve de devenir architecte. Son message aux autres parents : ‘Ne baissez pas les bras, vos enfants ont des talents cachés.' »
Conseils pour les enfants et les adolescents
- Parler de ses difficultés : Ne pas garder ses problèmes pour soi. En parler à ses parents, ses enseignants, ou ses amis peut soulager et permettre de trouver des solutions.
- Utiliser des outils adaptés : Ordinateur, logiciels de synthèse vocale, calculatrice, etc. Ces outils ne sont pas une triche, mais une aide pour compenser ses difficultés.
- Trouver ses points forts : Tout le monde a des talents. Que ce soit le sport, la musique, l’art ou les sciences, il faut cultiver ce qui nous passionne.
- Ne pas se comparer aux autres : Chacun a son rythme et ses forces. L’important est de progresser à son propre rythme.
- Demander de l’aide : Que ce soit à un professionnel (orthophoniste, psychologue) ou à un proche, il ne faut pas hésiter à solliciter du soutien.
Conseils pour les adultes concernés
Les troubles des apprentissages ne disparaissent pas à l’âge adulte. Beaucoup d’adultes découvrent tardivement qu’ils sont dyslexiques, dyscalculiques, ou dyspraxiques. Voici quelques conseils pour mieux vivre avec ces troubles :
- Faire un bilan : Même à l’âge adulte, un diagnostic peut aider à comprendre ses difficultés et à mettre en place des stratégies adaptées.
- Adapter son environnement de travail : Utiliser des outils numériques (correcteurs orthographiques, agendas électroniques), demander des aménagements (temps supplémentaire pour les tâches, etc.).
- Se former : Certaines associations proposent des formations pour les adultes atteints de troubles des apprentissages (ex : Fédération Française des Dys).
- Parler à son employeur : En France, les troubles des apprentissages peuvent être reconnus comme un handicap invisible, ouvrant droit à des aménagements de poste.
- Rejoindre des groupes de soutien : Échanger avec d’autres adultes confrontés aux mêmes difficultés peut être très libérateur.
Foire aux questions (FAQ)
1. Les troubles des apprentissages sont-ils liés à un manque d’intelligence ?
Non, absolument pas. Les troubles des apprentissages sont spécifiques à certaines compétences (lecture, écriture, calcul, etc.) et n’ont aucun lien avec le niveau d’intelligence. De nombreuses personnes atteintes de ces troubles ont une intelligence normale, voire supérieure à la moyenne. Albert Einstein, Léonard de Vinci, ou encore Agatha Christie étaient dyslexiques, et cela ne les a pas empêchés de marquer l’histoire par leur génie.
2. Peut-on guérir des troubles des apprentissages ?
On ne « guérit » pas des troubles des apprentissages au sens strict, car ils sont liés à des particularités neurodéveloppementales durables. Cependant, avec une prise en charge adaptée (rééducation, aménagements scolaires, outils compensatoires), les personnes concernées peuvent progresser considérablement et surmonter leurs difficultés. L’objectif est de leur permettre de vivre normalement, en compensant leurs troubles par des stratégies adaptées.
3. Mon enfant a des difficultés scolaires. Comment savoir s’il s’agit d’un trouble des apprentissages ?
Si les difficultés de votre enfant persistent malgré des efforts soutenus, et qu’elles affectent spécifiquement certaines compétences (lecture, écriture, calcul), il est conseillé de consulter un médecin ou un psychologue. Un bilan orthophonique, psychomoteur, ou neuropsychologique pourra confirmer ou infirmer la présence d’un trouble spécifique. Ne restez pas seul avec vos doutes : un diagnostic précoce permet une prise en charge plus efficace.
4. Quels sont les aménagements scolaires possibles pour un enfant dyslexique ?
Les aménagements varient selon les besoins de l’enfant, mais peuvent inclure :
- Temps supplémentaire pour les évaluations.
- Utilisation d’un ordinateur avec correcteur orthographique.
- Fourniture de cours polycopiés ou de supports visuels.
- Autorisation d’utiliser une synthèse vocale pour les textes.
- Réduction de la charge de travail (devoirs allégés).
- Place en classe proche du tableau ou dans un environnement calme.
Ces aménagements sont formalisés dans un Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) ou un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS).
5. Les troubles des apprentissages peuvent-ils être détectés avant l’entrée à l’école ?
Oui, certains signes peuvent être repérés dès la petite enfance, notamment :
- Retard de langage (premiers mots après 18 mois, phrases après 3 ans).
- Difficulté à suivre des consignes simples.
- Problèmes de motricité (difficulté à ramper, marcher, ou attraper des objets).
- Manque d’intérêt pour les livres ou les histoires.
Un dépistage précoce par un pédiatre, un orthophoniste ou un psychologue permet d’intervenir rapidement et de limiter l’impact des troubles sur la scolarité.
6. Mon enfant a un trouble des apprentissages. Dois-je en parler à son école ?
Oui, il est essentiel d’informer l’école du diagnostic de votre enfant. Les enseignants pourront ainsi adapter leur pédagogie et mettre en place les aménagements nécessaires. Une collaboration étroite entre les parents, les professionnels de santé et l’école est la clé d’une prise en charge réussie. N’hésitez pas à fournir un compte-rendu du bilan réalisé par le professionnel qui a posé le diagnostic.
7. Existe-t-il des aides financières pour la prise en charge des troubles des apprentissages ?
Oui, en France, plusieurs dispositifs peuvent aider à financer la prise en charge :
- La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) : Peut couvrir une partie des frais liés à la rééducation (orthophonie, psychomotricité, etc.).
- L’Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé (AEEH) : Aide financière pour les familles d’enfants en situation de handicap (y compris les troubles sévères des apprentissages).
- Les mutuelles : Certaines mutuelles remboursent partiellement les séances d’orthophonie ou de psychomotricité.
- Les associations : Certaines associations (comme la FFDys) proposent des aides financières ou des tarifs préférentiels pour les bilans.
Pour en bénéficier, il faut faire une demande auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).
8. Les troubles des apprentissages peuvent-ils disparaître avec l’âge ?
Les troubles des apprentissages persistent à l’âge adulte, mais leurs manifestations évoluent avec le temps. Par exemple, un adulte dyslexique peut développer des stratégies pour compenser ses difficultés (utilisation de logiciels de synthèse vocale, évitement des tâches nécessitant une lecture intensive, etc.). Avec une prise en charge adaptée, les personnes concernées peuvent mener une vie normale et s’épanouir professionnellement.
Venir au cabinet à Paris
Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
- Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
Ressources et associations utiles
Pour aller plus loin, voici une liste de ressources et d’associations qui peuvent aider les familles et les personnes concernées par les troubles des apprentissages :
Associations en France
- Fédération Française des Dys (FFDys) :
- Site web : www.federationdys.fr
- Rôle : Regroupe plusieurs associations spécialisées (dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, etc.) et propose des informations, des formations, et un accompagnement pour les familles.
- Association Française pour les Enfants Précoces et Doués (AFEP) :
- Site web : www.afep-asso.fr
- Rôle : Propose des ressources pour les enfants à haut potentiel, qui peuvent aussi présenter des troubles des apprentissages.
- HyperSupers – TDAH France :
- Site web : www.tdah-france.fr
- Rôle : Association dédiée au TDAH, avec des informations, des témoignages, et un accompagnement pour les familles.
- Dyspraxie France Dys :
- Site web : www.dyspraxie-france-dys.org
- Rôle : Spécialisée dans la dyspraxie, cette association propose des outils et des conseils pour les familles et les professionnels.
Livres et ressources en ligne
- Livres :
- 100 idées pour aider les élèves dyslexiques – Gavin Reid et Shannon Green (éditions Tom Pousse).
- La Dyslexie en 100 questions – Dr Alain Pouhet (éditions Ellipses).
- Vivre avec un enfant dyspraxique – Dr Michèle Mazeau (éditions Josette Lyon).
- Le TDAH chez l’enfant et l’adolescent – Dr Annick Vincent (éditions Odile Jacob).
- Sites web :
- INSERM : Dossiers scientifiques sur les troubles des apprentissages.
- Ministère de l’Éducation Nationale : Informations sur les aménagements scolaires et les dispositifs d’aide.
- Haute Autorité de Santé (HAS) : Recommandations pour le dépistage et la prise en charge des troubles des apprentissages.
Outils numériques
- Antidote : Correcteur orthographique et grammatical avancé, idéal pour les dyslexiques et dysorthographiques.
- NaturalReader : Logiciel de synthèse vocale pour transformer du texte en audio.
- Speechify : Application de synthèse vocale pour écouter des textes (livres, articles, etc.).
- ModMath : Application pour aider les enfants dyscalculiques à résoudre des problèmes mathématiques.
- Dyscool : Collection de manuels scolaires adaptés aux enfants dyslexiques (éditions Nathan).
Auteur
Mail: dr.neveux@gmail.com (à privilégier+++)
Tél: 0609727094 (laisser un message)
Au cabinet: 9 rue Troyon 75017 Paris
NB: Pas de consultation par mail ou téléphone. Les messages ne sont pas consultés hors jours et heures ouvrables. En cas d’urgence, contacter le SAMU (15)





