Victimisation: reconnaître et gérer

Vous voulez en savoir plus sur la victimisation ? Vous êtes sur la bonne page ! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour identifier et savoir réagir face à la victimisation.

Rédacteur « Victimisation » : Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), mail: dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.

L’essentiel:

Qu’est-ce que la victimisation ? Définition et mécanismes

La victimisation désigne le processus par lequel une personne se perçoit ou est perçue comme une victime, que ce soit de manière objective (réelle agression, abus, harcèlement) ou subjective (sentiment persistant d’être lésé, exploité ou maltraité, même en l’absence de preuve tangible). Ce phénomène peut être ponctuel ou chronique, et s’inscrire dans des dynamiques individuelles, relationnelles ou sociales complexes. Sur le plan psychologique, la victimisation peut devenir un mode de fonctionnement : la personne adopte une posture de victime dans ses interactions, ce qui influence ses pensées, ses émotions et ses comportements. Ce mécanisme est souvent lié à une distorsion cognitive (interprétation biaisée de la réalité), à une faible estime de soi, ou à des expériences traumatiques passées (abus, négligence, harcèlement, etc.). Exemple clinique :
Sophie, 34 ans, consulte pour un état dépressif. Elle décrit une succession d’échecs professionnels et sentimentaux, qu’elle attribue systématiquement à la malveillance d’autrui. Malgré des preuves contraires, elle reste convaincue que ses collègues complotent contre elle. L’exploration révèle un antécédent d’abus sexuel dans l’enfance, jamais traité, et une estime de soi profondément altérée. La victimisation est ici un mécanisme de défense contre la souffrance liée à l’impuissance ressentie. —

Victimisation et troubles psychiatriques : liens et spécificités

La victimisation n’est pas un trouble en soi, mais elle peut être un symptôme central ou un facteur d’entretien de nombreuses pathologies psychiatriques. Voici les principaux troubles où elle s’observe, avec des exemples cliniques et des pistes de prise en charge.

1. Victimisation et dépression

La dépression s’accompagne souvent d’un sentiment de victimisation, notamment dans les formes dites « hostiles » ou « quérulentes ». La personne déprimée interprète les événements de manière négative, se perçoit comme injustement traitée, et peut développer une rumination centrée sur ses échecs et les torts subis. Exemple clinique :
Marc, 52 ans, en arrêt maladie pour dépression, se plaint d’être « sacrifié » par son employeur. Il passe ses journées à relire ses mails professionnels, cherchant des preuves de son « licenciement abusif ». Malgré les tentatives de son entourage pour le rassurer, il reste convaincu d’être la cible d’une injustice. La TCC permettra de travailler sur ses distorsions cognitives et sa tendance à la rumination.

2. Victimisation et troubles de la personnalité

Certains troubles de la personnalité, comme le trouble borderline, le trouble histrionique ou le trouble paranoïaque, s’accompagnent fréquemment d’une perception de victimisation. – Trouble borderline : La peur de l’abandon et l’instabilité émotionnelle poussent la personne à interpréter les comportements d’autrui comme des attaques ou des trahisons. Exemple : Claire, 25 ans, diagnostiquée borderline, accuse tour à tour son petit ami, ses amis et sa famille de « l’abandonner ». Chaque conflit mineure est vécu comme une preuve de leur « méchanceté » ([en savoir plus sur le trouble borderline](https://e-psychiatrie.fr/trouble-de-personnalite-borderline-ou-etat-limite/)). – Trouble histrionique : La quête d’attention peut amener la personne à se présenter comme une victime pour capter l’empathie. Exemple : Laura, 30 ans, raconte à son entourage des histoires dramatiques (maladies imaginaires, ruptures inventées) pour obtenir du soutien. Le diagnostic révèle un trouble histrionique. – Trouble paranoïaque : La méfiance excessive et la suspicion systématique conduisent à une interprétation persécutive des intentions d’autrui.

3. Victimisation et trouble de stress post-traumatique (TSPT)

Après un traumatisme (aggression, accident, abus, etc.), la personne peut développer un sentiment de victimisation persistante, même après la résolution de la situation traumatique. Le TSPT s’accompagne souvent de reviviscences, d’évitement et d’une vision du monde comme dangereuse. Exemple clinique :
Thomas, 40 ans, victime d’un braquage violent, évite désormais tout lieu public. Il se sent « marqué à vie » et interprète chaque regard comme une menace. La TCC et l’EMDR l’aideront à retraiter le souvenir traumatique et à réduire son sentiment de vulnérabilité.

4. Victimisation et troubles anxieux

Dans les troubles anxieux (TAG, phobie sociale, TOC), la victimisation peut se manifester par la conviction d’être « incompris », « jugé » ou « persécuté » par son environnement. Exemple clinique :
Julie, 28 ans, souffre de phobie sociale. Elle est convaincue que ses collègues se moquent d’elle et évite les réunions. La TCC l’aidera à exposer progressivement ses craintes et à modifier ses croyances. —

Victimisation chez l’enfant et l’adolescent : spécificités et enjeux

Chez l’enfant et l’adolescent, la victimisation est souvent liée à des expériences de harcèlement scolaire, de violences familiales ou de négligence. Ces situations ont des conséquences graves sur le développement psychologique et social. Exemple clinique :
Léo, 12 ans, est victime de harcèlement scolaire. Il se renferme, refuse d’aller en cours et développe des idées suicidaires. La prise en charge associera un travail en TCC (gestion des émotions, affirmation de soi) et un soutien familial. Conséquences possibles :
– Baisse de l’estime de soi
– Troubles anxieux ou dépressifs
– Comportements agressifs ou d’évitement
– Difficultés scolaires —

Prise en charge de la victimisation : quelles solutions ?

La prise en charge dépend de la cause et du contexte. Elle associe généralement :

Victimisation traiter soigner par la TCC et la TIP

1. Psychothérapies validées

– Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC) : Travail sur les distorsions cognitives, la gestion des émotions et l’affirmation de soi.
– Thérapie Interpersonnelle (TIP) : Amélioration des relations et réduction des conflits. [En savoir plus sur la TIP](https://e-psychiatrie.fr/therapie-interpersonnelle/principes-des-therapies-interpersonnelles-tip/)
– EMDR : Pour les traumatismes.

2. Prise en charge médicamenteuse (si nécessaire)

– Antidépresseurs (pour la dépression, les troubles anxieux)
– Stabilisateurs d’humeur (pour le trouble bipolaire)

3. Soutien social et familial

– Groupes de parole, associations d’aide aux victimes
– Travail sur l’estime de soi et la résilience —

Comment aider un proche en situation de victimisation ?

– Écouter sans juger : Valider ses émotions, éviter de minimiser sa souffrance.
– Encourager la consultation : Proposer un bilan avec un psychiatre ou un psychologue.
– Éviter de renforcer le rôle de victime : Aider la personne à reprendre du pouvoir sur sa vie.
– Documenter les faits (en cas de harcèlement, abus) : Conserver des preuves pour d’éventuelles démarches juridiques. Exemple clinique :
Marie, 35 ans, soutient sa sœur, victime de harcèlement moral au travail. Elle l’accompagne chez un psychiatre et l’aide à rassembler des preuves (mails, témoignages). La sœur entame une TCC et une procédure légale. —

Venir au cabinet à Paris

Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094

  • Métro: Station Charles de Gaulle Etoile (ligne 6 depuis Paris 7-14-15-16; ligne 2 depuis Paris 17; ligne 1 depuis Paris 1-2-8, Neuilly sur Seine, La Défense, Nanterre).
  • RER: Station Charles de Gaulle Etoile (RER A depuis La Défense, Nanterre, Paris 8, Paris 1-4-11, Rueil, Maisons Laffitte, Le Vésinet etc…).
  • Bus: Station Charles de Gaulle Etoile (lignes 22-30-52 depuis Paris 75016; ligne 92 depuis Paris 75007, 75014, 75015; lignes 30-31-92-93 depuis Paris 75017; ligne 73 depuis Neuilly sur Seine; lignes 22-52-73 depuis Paris 8; ligne 92 depuis Levallois).

Fait à Paris 16 par un psychiatre et un psychologue.


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