Traitement médicamenteux du TDAH
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Rédacteur « traitement médicamenteux du TDAH »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP),
mail: dr.neveux@gmail.com
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga.; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Peut être associé à des pathologies graves (troubles anxieux, dépression…).
- Un médecin/psychiatre doit faire le diagnostic et coordonner la prise en charge.
- La TCC est le traitement indiqué en première intention.
- Le méthylphénidate est le traitement de référence.
Qu’est-ce que le traitement médicamenteux du TDAH ?
Le traitement médicamenteux du TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) vise à réduire les symptômes centraux du trouble : inattention, impulsivité et hyperactivité. Il s’intègre toujours dans une prise en charge globale, associant des mesures non médicamenteuses (psychoéducation, thérapie cognitivo-comportementale (TCC), adaptations scolaires ou professionnelles, guidance parentale). En France, le méthylphénidate reste le traitement de référence, mais d’autres molécules, comme l’atomoxétine ou la guanfacine, peuvent être proposées selon le profil du patient et la présence de comorbidités. Ces deux dernières molécules sont généralement utilisées hors AMM, et doivent donc être laissées aux spécialistes.
Exemple clinique : Lucas, 9 ans, présente une inattention sévère et des difficultés scolaires malgré un QI normal. Après un bilan complet, un traitement par méthylphénidate à libération prolongée est initié. En quelques semaines, son attention en classe s’améliore, ses résultats scolaires progressent, et son estime de soi se renforce. Le suivi régulier permet d’ajuster la posologie et de surveiller d’éventuels effets secondaires.
Les médicaments du TDAH : modes d’action et indications
1. Le méthylphénidate : le traitement de référence
Le méthylphénidate (Ritaline®, Concerta®, Medikinet®, Quasym®, Méthylphénidate Mylan®) est un psychostimulant qui agit en inhibant la recapture de la dopamine et de la noradrénaline au niveau des neurones présynaptiques, augmentant ainsi leur disponibilité dans le cerveau. Ces neurotransmetteurs jouent un rôle clé dans la régulation de l’attention, de l’impulsivité et de l’hyperactivité. Le méthylphénidate est indiqué chez l’enfant à partir de 6 ans, l’adolescent et l’adulte, lorsque les mesures non médicamenteuses se révèlent insuffisantes. Posologie et formes galéniques :
– Formes à libération immédiate (Ritaline®) : 2 à 3 prises par jour.
– Formes à libération prolongée (Concerta®, Medikinet® LP) : 1 prise par jour, permettant une couverture sur 8 à 12 heures.
– La dose initiale est généralement faible (5 à 10 mg/jour), puis augmentée progressivement par paliers hebdomadaires jusqu’à la dose efficace, sans dépasser 54 mg/jour chez l’enfant et 72 mg/jour chez l’adulte. Effets secondaires :
– Fréquents : diminution de l’appétit, insomnie, maux de tête, nervosité.
– Rares mais graves : troubles cardiovasculaires (hypertension, tachycardie), troubles psychiatriques (anxiété, dépression, idées suicidaires), tics.
– Une surveillance régulière de la tension artérielle, de la fréquence cardiaque, de la croissance et de l’humeur est indispensable. Exemple clinique : Emma, 14 ans, souffre d’un TDAH avec hyperactivité marquée et des épisodes d’anxiété. Le méthylphénidate améliore sa concentration, mais déclenche une insomnie. Son psychiatre ajuste la posologie et associe une TCC pour gérer son anxiété.
2. L’atomoxétine (Strattera®) : une alternative non stimulante
L’atomoxétine est un inhibiteur sélectif de la recapture de la noradrénaline, sans action directe sur la dopamine. Elle est particulièrement indiquée en cas de contre-indication ou d’intolérance aux psychostimulants, ou en présence de comorbidités comme l’anxiété ou les tics. Posologie :
– Dose initiale : 0,5 mg/kg/jour, augmentée progressivement jusqu’à 1,2 mg/kg/jour.
– Effet maximal observé après 4 à 6 semaines de traitement. Effets secondaires :
– Nausées, somnolence, sécheresse buccale, troubles du sommeil.
– Risque accru d’idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent, nécessitant une surveillance renforcée. Exemple clinique : Thomas, 11 ans, présente un TDAH et un trouble anxieux. Le méthylphénidate aggrave son anxiété. Le passage à l’atomoxétine permet une amélioration de l’attention sans majoration de l’anxiété, avec une bonne tolérance.
3. La guanfacine et la clonidine : des options pour les symptômes associés
Ces molécules, agonistes des récepteurs alpha-2 adrénergiques, sont utilisées en deuxième intention, notamment en cas de tics, d’agressivité ou d’hyperactivité sévère. La guanfacine (Intuniv®) a l’avantage d’une formulation à libération prolongée, tandis que la clonidine (Catapressan®) nécessite plusieurs prises quotidiennes. Effets secondaires :
– Somnolence, hypotension, sécheresse buccale.
– Arrêt progressif obligatoire pour éviter un syndrome de sevrage (rebond hypertensif). Exemple clinique : Noah, 8 ans, a un TDAH associé à un syndrome de Gilles de la Tourette. La guanfacine réduit à la fois son hyperactivité et la fréquence de ses tics, avec une meilleure tolérance que les psychostimulants.
Traitement médicamenteux du TDAH chez l’adulte
Le TDAH persiste à l’âge adulte dans environ 60 % des cas. Les symptômes évoluent souvent vers une prédominance de l’inattention, avec un retentissement professionnel et relationnel majeur. Le méthylphénidate et l’atomoxétine sont les deux molécules autorisées en France, sous strict contrôle médical. Exemple clinique : Sophie, 35 ans, cadre supérieure, consulte pour des difficultés d’organisation, une procrastination chronique et une fatigue mentale intense. Le diagnostic de TDAH est posé. Un traitement par méthylphénidate à libération prolongée améliore sa productivité et réduit son stress, en association avec un coaching en TCC pour installer des stratégies durables.
Comorbidités et adaptation du traitement
Le TDAH est fréquemment associé à d’autres troubles psychiatriques : troubles anxieux (30 %), dépression (20-30 %), trouble bipolaire (8 %), addictions (25-50 %). La présence de ces comorbidités influence le choix thérapeutique. – Trouble bipolaire : Les psychostimulants peuvent déclencher des épisodes maniaques. Un thymorégulateur (lithium, lamotrigine) est souvent nécessaire en première intention.
– Dépression : Si la dépression est sévère, elle doit être traitée en priorité. L’atomoxétine peut être préférée en cas de dépression modérée.
– Anxiété : L’atomoxétine ou la guanfacine sont souvent mieux tolérées que les psychostimulants. Exemple clinique : Marc, 28 ans, présente un TDAH et un trouble bipolaire de type II. Le traitement par méthylphénidate déclenche une hypomanie. Il est remplacé par un thymorégulateur, avec une amélioration globale de son humeur et de sa concentration.
Suivi et adaptation du traitement
Le traitement médicamenteux du TDAH nécessite un suivi régulier pour :
– Évaluer l’efficacité (amélioration des symptômes, qualité de vie).
– Surveiller les effets secondaires (croissance, tension artérielle, humeur).
– Adapter la posologie ou changer de molécule si nécessaire.
– Prévenir le mésusage, notamment chez l’adolescent. Exemple clinique : Léa, 16 ans, sous méthylphénidate depuis 3 ans, présente une perte d’efficacité. Son psychiatre propose une interruption thérapeutique pendant les vacances pour réévaluer la nécessité du traitement, puis une reprise avec une nouvelle molécule (lisdexamfétamine), récemment autorisée en France.
Nouvelles perspectives thérapeutiques
En 2025, de nouvelles molécules sont en cours d’autorisation en France, comme la lisdexamfétamine (Xurta®), offrant une alternative aux patients résistants au méthylphénidate. Les thérapies non médicamenteuses (neurofeedback, stimulation nerveuse externe) se développent également, en complément des traitements classiques.
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— Conclusion : Le traitement médicamenteux du TDAH, lorsqu’il est bien conduit, transforme la vie des patients. Il doit toujours s’inscrire dans une approche globale, personnalisée et suivie par un professionnel formé. N’hésitez pas à consulter pour une évaluation adaptée à votre situation ou celle de votre enfant.
Références et sources actualisées : VIDAL, HAS, ANSM, Société Française du TDAH, 2025. —
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