Comment de pas personnaliser les choses?
Vous avez tendance à personnaliser les choses et vous voulez avancer? Vous êtes sur la bonne page! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour ne pas personnaliser les choses?
Rédacteur « comment de pas personnaliser les choses? »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- En soi, ce n’est pas une pathologie.
- La thérapie interpersonnelle modélise que l’on a tendance à personnaliser les choses parce qu’on met à tort un besoin d’estime dans la relation.
- La TCC le modélise comme un biais cognitif à travailler.
- n’est pas une pathologie.
Comprendre le mécanisme de la non-personnalisation : définition et enjeux
La question de savoir comment ne pas personnaliser les choses s’inscrit dans un champ psychologique et philosophique bien plus vaste que celui de la simple gestion des émotions. Elle touche à la capacité de l’individu à se distancier de ses propres interprétations, croyances et projections, afin d’aborder une situation, un événement ou une relation avec objectivité. En psychologie, ce processus est souvent associé à la notion de dépersonnalisation, qui désigne un état de détachement de soi-même, mais aussi à des mécanismes de défense comme la dissociation ou la rationalisation.
La non-personnalisation, ou dépersonnalisation volontaire, consiste à éviter de se sentir directement concerné, blessé ou impliqué émotionnellement par ce qui nous arrive ou ce que les autres disent ou font. Elle est particulièrement utile dans des contextes où l’hyper-personnalisation peut mener à des souffrances psychologiques, comme dans les troubles anxieux, les dépressions, ou encore dans les relations interpersonnelles conflictuelles.
Par exemple, une personne souffrant de trouble anxieux généralisé peut avoir tendance à interpréter chaque regard, chaque mot, comme une critique personnelle, ce qui alimente un cercle vicieux d’anxiété et d’évitement. Apprendre à ne pas personnaliser permet de briser ce cercle, en distinguant ce qui relève de la réalité objective de ce qui relève de la perception subjective.
Les mécanismes psychologiques en jeu : projection, dissociation, rationalisation
Plusieurs mécanismes psychologiques expliquent pourquoi nous avons tendance à personnaliser les événements, et comment il est possible de s’en distancier. Parmi eux, la projection occupe une place centrale : elle consiste à attribuer à autrui des pensées, des sentiments ou des intentions qui, en réalité, nous appartiennent. Ce mécanisme, décrit par Freud, est à l’origine de nombreux malentendus et conflits.
Un autre mécanisme clé est la dissociation, qui permet de se détacher temporairement de ses émotions ou de ses pensées. Dans certains cas, comme le trouble de dépersonnalisation/déréalisation, cette dissociation devient pathologique et source de souffrance. Cependant, à dose modérée, elle peut être un outil précieux pour prendre du recul face à une situation stressante ou conflictuelle.
Enfin, la rationalisation consiste à expliquer un événement de manière logique, en écartant les interprétations émotionnelles. Par exemple, si un collègue ne vous salue pas, au lieu de penser « Il m’en veut », la rationalisation permettra de se dire : « Il est peut-être pressé ou préoccupé ».
Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « La capacité à ne pas personnaliser est un apprentissage essentiel pour préserver son équilibre psychique, surtout dans un monde où les interactions sociales sont de plus en plus intenses et parfois ambiguës. »
La thérapie interpersonnelle envisage ce phénomène comme une tendance à mettre du besoin d’estime dans le lien alors que le contexte ne s’y prête pas.
Cette tendance a davantage de chances de se produire chez les individus (liste non exhaustive)
- ayant un style d’attachement évitant
- psychorigides
- narcissiques
- trouble état-limite
- ayant une tendance à la victimisation
- hypersensibles
- dans certains contextes physiologiques (SPM, trouble dysphorique prémenstruel)
Exemples cliniques : quand la personnalisation devient pathologique
Prenons le cas de Sophie, 34 ans, qui consulte pour un trouble anxieux généralisé. Chaque remarque d’un supérieur hiérarchique est interprétée comme une remise en cause de ses compétences. Elle développe une peur intense des réunions, anticipant systématiquement des critiques. En thérapie, elle apprend à distinguer les faits des interprétations, et à ne pas systématiquement se sentir visée par les remarques générales. Progressivement, son anxiété diminue, et elle retrouve une capacité à participer activement aux échanges professionnels.
Un autre exemple est celui de Marc, 42 ans, souffrant de dépression. Il a tendance à attribuer chaque échec à une faute personnelle, ce qui renforce son sentiment d’incompétence et son isolement. La thérapie cognitive et comportementale (TCC) l’aide à identifier ces distorsions cognitives et à les remplacer par des pensées plus réalistes et moins personnalisées.
Stratégies pratiques pour ne pas personnaliser : outils et exercices
Pour aider les patients pris dans ce mécanismes, la thérapie interpersonnelle aide le patient à mentaliser qu’il met en jeu un besoin d’estime inapproprié dans la relation. Le thérapeute aide le patient à identifier les actions qui auraient tendance à aller dans le sens de ce besoin dans la relation et à refuse d’adopter ces comportements.
D’autres stratégies, issues des thérapies cognitives et comportementales, permettent d’apprendre à ne pas personnaliser les événements. Voici les plus efficaces :
- La remise en question des pensées automatiques : identifier les pensées qui surgissent spontanément (« Il m’ignore, donc il ne m’aime plus ») et les confronter à la réalité (« Il est peut-être simplement fatigué »).
- La recherche de preuves : avant de conclure, chercher des éléments objectifs qui confirment ou infirment l’interprétation personnelle.
- La décentration : se demander ce que penseraient d’autres personnes à notre place, ou comment nous interpréterions la situation si elle arrivait à quelqu’un d’autre.
Ces outils sont particulièrement utiles dans la gestion des troubles paniques ou des idées obsédantes, où la tendance à personnaliser peut aggraver les symptômes.
Les pièges à éviter : quand la non-personnalisation devient un évitement
Il est important de souligner que la non-personnalisation ne doit pas devenir une forme d’évitement émotionnel ou relationnel. Par exemple, une personne qui refuse systématiquement de se remettre en question, ou qui nie toute responsabilité dans ses conflits, peut basculer dans une attitude de déni, elle-même source de souffrance.
De même, dans le trouble de dépersonnalisation/déréalisation, la dissociation excessive peut mener à une perte de contact avec la réalité, nécessitant une prise en charge spécialisée. Il s’agit donc de trouver un équilibre : ni tout personnaliser, ni tout nier.
Applications dans la vie quotidienne : travail, couple, famille
La capacité à ne pas personnaliser est un atout majeur dans de nombreux domaines de la vie. Au travail, elle permet de mieux gérer les feedbacks, les conflits ou les changements organisationnels. Dans le couple, elle évite de transformer chaque désaccord en remise en cause de la relation. En famille, elle aide à ne pas prendre pour soi les humeurs ou les comportements des proches.
Par exemple, lors d’une dispute conjugale, au lieu de penser « Il/elle ne m’aime plus », la non-personnalisation permettra de se dire : « Nous traversons une période difficile, mais cela ne remet pas en cause notre attachement ».
Conclusion : vers une juste distance psychologique
Apprendre à ne pas personnaliser les choses est un processus d’apprentissage qui demande du temps, de la pratique et parfois l’accompagnement d’un professionnel. Cela ne signifie pas devenir indifférent, mais plutôt développer une capacité à distinguer ce qui nous appartient de ce qui appartient aux autres, et à réagir de manière adaptée et mesurée.
Comme le souligne le Dr Neveux, « La non-personnalisation est une compétence essentielle pour préserver son bien-être psychique, surtout dans un monde où les sollicitations émotionnelles sont omniprésentes. »
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