Dysmorphophobie
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Rédacteur « dysmorphophobie »: Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, formé en Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC) et en Thérapie Interpersonnelle (IFTIP), dr.neveux@gmail.com; prendre rendez-vous
Sources: L’hypersensibilité chez l’adulte, Mardaga; Pratiquer la Thérapie Interpersonnelle (TIP), Dunod; Prendre en charge la dépression avec la thérapie interpersonnelle, Dunod.
L’essentiel:
- Intéresse de plus en plus la communauté scientifique.
- Elle est corrélée aux troubles du comportement alimentaire (TCA) ainsi qu’à certains troubles mentaux pouvant s’avérer graves (troubles anxieux, dépression…).
- Prévalence estimée entre 0,7% et 2,9% de la population générale, avec une prédominance féminine.
- Diagnostic souvent tardif en raison de la honte et de la conviction d’être réellement laid. la dysmorphophobie est très liée à l’attirance pour les personnes belles
- Traitement de référence : thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et médicaments (ISRS).
- Risque élevé de dépression, d’isolement social et de comportement suicidaire en l’absence de prise en charge.
Qu’est-ce que la dysmorphophobie ?
La dysmorphophobie, aussi appelée trouble dysmorphique corporel (TDC) ou Body Dysmorphic Disorder (BDD) en anglais, est un trouble mental caractérisé par une préoccupation excessive et obsessionnelle concernant un ou plusieurs défauts perçus de l’apparence physique. Ces défauts sont souvent minimes, voire inexistants aux yeux des autres, mais ils provoquent une souffrance psychologique intense et un retentissement majeur sur la vie quotidienne de la personne atteinte. Contrairement à une simple insatisfaction corporelle, la dysmorphophobie s’apparente à une véritable distorsion de l’image de soi, souvent comparée à un « miroir déformant ». La personne concernée peut passer plusieurs heures par jour à scruter, comparer ou tenter de camoufler le défaut perçu, au point d’en négliger ses activités sociales, professionnelles ou scolaires. Exemple clinique : Sophie, 22 ans, étudiante en droit, consulte pour une « difformité » de son nez. Malgré les rassurances de son entourage, elle passe plus de trois heures par jour à examiner son reflet sous différents angles, utilise des filtres sur ses photos et évite les sorties en groupe. Elle a déjà consulté trois chirurgiens plasticiens, mais aucun n’a validé la nécessité d’une intervention. Son isolement et sa détresse ont conduit à un arrêt de ses études et à l’apparition d’idées suicidaires.
Épidémiologie : qui est touché par la dysmorphophobie ?
La dysmorphophobie touche entre 0,7% et 2,9% de la population générale, avec une légère prédominance féminine. Elle débute le plus souvent à l’adolescence, période charnière où les transformations corporelles et la pression sociale sont intenses. Environ 2% des adolescents et jeunes adultes en souffriraient, mais ce chiffre est probablement sous-estimé en raison de la honte et de la difficulté à en parler. Chez les enfants et adolescents, les préoccupations portent fréquemment sur le visage (acné, taille du nez, forme des oreilles), la pilosité, la taille ou le poids. Les garçons peuvent développer une forme spécifique appelée « dysmorphophobie musculaire », où l’obsession porte sur un manque de masse musculaire, les poussant à des pratiques excessives de musculation ou à l’usage de substances dopantes. Exemple clinique : Thomas, 17 ans, lycéen, est persuadé que ses bras sont « trop fins » et qu’il est « faible ». Il s’entraîne 4 heures par jour en salle de sport, suit un régime hyperprotéiné et évite les piscines par peur d’être jugé. Malgré un physique athlétique, il se perçoit comme « chétif » et a déjà acheté des stéroïdes anabolisants en ligne.
Symptômes et signes cliniques de la dysmorphophobie
Les symptômes de la dysmorphophobie sont variés et souvent invalidants. Ils incluent :
– Préoccupations obsessionnelles : pensées intrusives et répétitives concernant un défaut physique perçu, difficile à contrôler.
– Comportements compulsifs : vérification excessive dans les miroirs, demande répétée de réassurance, camouflage (maquillage, vêtements), comparaisons avec les autres, rituels de toilette prolongés.
– Évitement social : refus de sortir, de participer à des activités, voire isolement total pour ne pas être vu.
– Détresse émotionnelle : honte, anxiété, dépression, idées suicidaires.
– Recours à la chirurgie esthétique : malgré un taux d’insatisfaction post-opératoire très élevé (plus de 90% des patients ne voient pas d’amélioration), les demandes d’interventions sont fréquentes.
Exemple clinique : Emma, 30 ans, est convaincue que sa peau est « couverte de cicatrices » et passe plus de deux heures par jour à appliquer des crèmes, à se gratter et à vérifier son visage sous différents éclairages. Elle a déjà subi trois séances de laser, sans satisfaction, et évite tout contact social par peur d’être « dégoûtante ».
Causes et facteurs de risque
Les causes de la dysmorphophobie sont multifactorielles :
– Facteurs biologiques : des anomalies du système sérotoninergique et des circuits cérébraux fronto-striataux ont été identifiées, expliquant le chevauchement avec les troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
– Facteurs psychologiques : faible estime de soi, perfectionnisme, antécédents de traumatismes ou de harcèlement, pression sociale et médiatique, trouble borderline.
– Facteurs environnementaux : normes de beauté irréalistes, influence des réseaux sociaux, critiques répétées sur l’apparence. Exemple clinique : Lucas, 19 ans, a développé une dysmorphophobie après des années de moqueries sur son « gros nez » au collège. Malgré une croissance normale, il reste persuadé que son nez est « monstrueux » et évite toute photo ou rencontre.
Diagnostic et diagnostic différentiel
Le diagnostic de dysmorphophobie repose sur un entretien clinique approfondi, selon les critères du DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Il est important de distinguer la dysmorphophobie d’autres troubles psychiatriques, tels que :
– Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) : les obsessions et compulsions peuvent être similaires, mais dans la dysmorphophobie, elles sont centrées sur l’apparence. Cependant, certains TOC peuvent avoir la dysmorphophobie pour thème.
– Dépression : la dysmorphophobie peut entraîner une dépression secondaire, mais la préoccupation corporelle reste le symptôme central.
– Schizophrénie : dans de rares cas, des idées délirantes concernant l’apparence peuvent s’inscrire dans un tableau psychotique. Exemple clinique : Julie, 25 ans, consulte pour une « bosse » sur le front qu’elle perçoit comme « hideuse ». L’examen clinique et l’imagerie ne révèlent aucune anomalie. Son psychiatre diagnostique une dysmorphophobie, après avoir éliminé une dépression ou un trouble psychotique.
Traitements et prise en charge
La prise en charge de la dysmorphophobie repose sur une approche pluridisciplinaire : – Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : méthode de référence, visant à modifier les schémas de pensée négatifs et les comportements compulsifs. Les techniques d’exposition (face au miroir, en situation sociale) et de prévention de la réponse sont particulièrement efficaces.
– Médicaments : les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont souvent prescrits, à des doses plus élevées que pour la dépression. La clomipramine peut être une alternative.
– Thérapies complémentaires : thérapie interpersonnelle, sophrologie, pleine conscience, pour travailler sur l’estime de soi et la gestion des émotions.
– Prise en charge globale : suivi psychiatrique régulier, soutien familial, éducation thérapeutique. Exemple clinique : Après 6 mois de TCC et un traitement par fluoxétine, Sophie a réduit ses rituels de vérification de 80% et a repris ses études. Elle participe désormais à des ateliers de pleine conscience pour renforcer son estime de soi.
Complications et pronostic
En l’absence de traitement, la dysmorphophobie peut entraîner des complications graves : – Isolement social et rupture des liens familiaux ou amicaux.
– Dépression sévère, troubles anxieux, abus de substances.
– Comportements suicidaires : le risque suicidaire est 6 fois plus élevé que dans la population générale.
– Recours excessif à la chirurgie esthétique, avec des résultats souvent insatisfaisants et des complications médicales. Exemple clinique : Marc, 40 ans, a subi 12 interventions de chirurgie esthétique pour « corriger » son menton. Malgré cela, il reste insatisfait et a développé une dépression majeure, nécessitant une hospitalisation.
Prévention et conseils aux proches
La prévention passe par une éducation à l’image de soi, une limitation de l’exposition aux normes de beauté irréalistes, et un dépistage précoce chez les adolescents. Les proches peuvent jouer un rôle clé en : – Écoutant sans minimiser la souffrance, tout en encourageant une consultation spécialisée.
– Évitant les critiques sur l’apparence et en valorisant d’autres qualités.
– Soutenant la prise en charge thérapeutique et médicamenteuse.
Dysmorphophobie et chirurgie esthétique : un piège à éviter
Comme le rappelle le Dr Nicolas Neveux, Psychiatre à Paris, « la chirurgie esthétique est rarement une solution pour la dysmorphophobie. Plus de 90% des patients ne sont pas satisfaits des résultats et peuvent même aggraver leur détresse. Une évaluation psychiatrique préalable est indispensable avant toute intervention. »
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Dr Neveux Nicolas, psychiatre TCC et TIP, 9 rue Troyon, Paris; tél: 0609727094
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